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"Ensauvagement": Dupond-Moretti refuse ce terme qui "développe le sentiment d’insécurité"

Le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, à l'Assemblée nationale à Paris, le 28 juillet 2020

Le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, à l'Assemblée nationale à Paris, le 28 juillet 2020 - STEPHANE DE SAKUTIN © 2019 AFP

Le ministre de la Justice ne souhaite pas reprendre le terme polémique d'"ensauvagement" utilisé par Gérald Darmanin pour qualifier la montée de violences observée en France.

Face à la flambée de violences mesurée dans la société française, Gérald Darmanin a choisi de parler d'"ensauvagement". Un terme que le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti ne souhaite pas reprendre car il développe, selon lui, "le sentiment d’insécurité qui est pire que l'insécurité elle-même", a-t-il expliqué ce mardi matin sur Europe 1.

D'après le ministre de la Justice, cette impression est "nourrie par les difficultés économiques que traverse le pays, par le Covid-19" mais aussi par les "discours populistes et la surenchère, ceux qui en rajoutent en permanence". Or, "le sentiment d’insécurité est de l’ordre du fantasme. Il faut s'adresser à l'intelligence des Français et pas à leurs bas instincts", a-t-il insisté.

"La France n'est pas un coupe-gorge"

Si Marlène Schiappa, au contraire, estime qu'il est du rôle du ministre de l'Intérieur "d'avoir des mots forts", Eric Dupond-Moretti s'est opposé à l'usage du mot "ensauvagement", très prisé par l'extrême droite, dès le mois de juillet. "Je ne suis pas à l’aise avec ce terme, je ne l’aurais pas choisi", avait-il réagi sur notre antenne le 31 juillet dernier.

Alors que la chancellerie est attaquée sur la question sécuritaire après qu'un multirécidiviste - libéré en 2016 - a été mis en examen pour le viol et le meurtre d'une adolescente à Nantes, Eric Dupond-Moretti a rappelé que "la France n'est pas un coupe-gorge. Il y a toujours eu des crimes et il y en aura toujours. On est pas obligé de faire dans la surenchère populiste".

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV