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Enquête ouverte après la prise à partie d'une procession catholique le week-end dernier

Photo d'illustration.

Photo d'illustration. - ANDREAS SOLARO © 2019 AFP

Des violences ont été perpétrées samedi dernier à Paris contre une procession organisée par le diocèse de Paris qui entendait rendre hommage aux membres du clergé tués pendant la Commune de Paris, 150 ans plus tôt. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour violences volontaires lundi selon une information de l'hebdomadaire Marianne confirmée ce vendredi à l'AFP.

Une enquête a été ouverte lundi après qu'une procession catholique en hommage aux ecclésiastiques tués pendant la Commune a été prise à partie le week-end dernier, a-appris l'AFP vendredi auprès du parquet de Paris. Cette enquête a été ouverte notamment pour "violences volontaires", selon le parquet, confirmant une information de Marianne.

Ces violences se sont produites contre une procession catholique organisée le samedi 29 mai par le diocèse de Paris dans l'est de la capitale, en hommage aux ecclésiastiques exécutés il y a 150 ans pendant la Commune de Paris, a expliqué à l'AFP Stéphane Mayor, curé de la paroisse Notre-Dame des Otages qui y participait. "Un groupe nous a lancé des insultes 'à bas les Versaillais' et a proféré des menaces de mort puis lancé des projectiles", a-t-il dit, déplorant deux blessés.

L'archevêque de Paris Michel Aupetit et Stéphane Mayor "ont porté plainte contre X, vendredi auprès du procureur de la République de Paris" pour "délit d'entrave à la liberté d'expression et de manifestation" et "délit d'atteinte à la liberté de culte", a annoncé le diocèse de Paris à l'AFP. Dans une tribune au Figaro cette semaine, Mgr Aupetit a dénoncé des "antifas" dont la "violence aveugle (...) est absolument inacceptable dans un Etat de droit".

Le clergé et la police n'ont pas la même vision des événements

De source policière, "il s'agissait d'un petit groupe qui venait de se disperser à la fin de la manifestation des Communards", au mur des Fédérés du cimetière du Père Lachaise. De même source, "des policiers sont rapidement intervenus pour mettre fin à cette agression. Un manifestant a été hospitalisé en urgence relative".

L'archevêque a regretté que la sécurité de cette procession n'ait pas été "la priorité" de la préfecture ce jour-là, avec seulement deux policiers sur place. Cette initiative se voulait "spirituelle" et non pas militante" avait-il par ailleurs assuré, tout comme d'autres manifestations prévues les jours précédents.

Dans un tweet, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait assuré que "la liberté de culte doit pouvoir s'exercer en toute sérénité dans notre pays" et dit ses "pensées pour les catholiques de France". Ces événements ont suscité de nombreuses réactions entre catholiques, selon les sensibilités, sur les réseaux sociaux.

Dans une tribune à La Croix mercredi, quinze catholiques, dont le professeur de philosophie Foucauld Giuliani ou l'essayiste Paul Piccarreta, ont estimé que cette "marche des martyrs" était "une aberration spirituelle et politique", accusant les organisateurs de "sélectivité mémorielle". Un point de vue aussitôt critiqué par les soutiens aux initiateurs de la procession.

R.V. avec AFP