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Doubs: un garçon de 19 ans jugé pour le meurtre d'un ami

Le procès d'un jeune garçon de 19 ans pour meurtre s'ouvre ce lundi à Besançon (illustration)

Le procès d'un jeune garçon de 19 ans pour meurtre s'ouvre ce lundi à Besançon (illustration) - -

Le corps de Maxime Roussel, 14 ans, a été découvert calciné dans une forêt d'Etouvans, dans le Doubs, en janvier 2012. Son assassin présumé, mineur au moment des faits, est jugé à partir de ce lundi par la cour d'assises à Besançon.

C'est dans le box des accusés de la cour d'assises des mineurs de Besançon que Jérémie (*), 19 ans, a pris place ce lundi, la tête et le visage dissimulé sous un vêtement noir. Il a ensuite dévoilé un visage pâle et fermé. L'adolescent est jugé pour le meurtre de son ami Maxime Roussel, 14 ans. Il nie farouchement l'avoir tué: il reconnaît seulement avoir assisté au crime, mais n'explique pas ses recherches troublantes la veille sur Internet pour savoir comment commettre "le meurtre parfait"...

Retour sur les faits. Le soir du 10 janvier 2012, le père de Maxime Roussel prévient la gendarmerie de la disparition de son fils. Il n'est pas rentré au domicile familial, qu'il avait quitté peu avant 19 heures pour rejoindre à moto un ami de 17 ans, Jérémie.

Le lendemain, le corps de cet adolescent de 14 ans sans histoire, passionné de mécanique comme son père, est découvert sans vie sur un chemin forestier d'Étouvans, petite commune proche de Montbéliard où il réside avec ses parents et sa petite soeur. L'autopsie révéléra qu'il a reçu sept coups d'arme blanche, dont deux fatals aux carotides. Son corps a ensuite été aspergé d'essence et embrasé, brûlant notamment ses membres inférieurs à 95%.

Qui est l'accusé?

Les investigations mènent rapidement les enquêteurs de la gendarmerie vers Jérémie, l'ami rejoint la veille. Au rez-de-chaussée de son domicile, ils retrouvent la moto rouge de Maxime, dissimulée dans une fosse à vidange du local des pompes funèbres gérées par son beau-père. Mais ce n'est pas le seul élément à charge.

Des perquisitions sur son ordinateur vont mettre au jour des éléments troublants: la veille du crime, le garçon "a consulté des sites sur internet expliquant comment tuer quelqu'un en visant la carotide, comment se débarrasser d'un corps en le brûlant ou comment entraîner les enquêteurs sur de fausses pistes, comme celle d'un trafic de stupéfiants, ce qu'il a tenté de faire", souligne Me Philippe Simoneau, avocat des parents de la victime.

Elevé par une mère et un beau-père "attentifs et aimants", Jérémie est décrit par les psychiatres comme un être froid, ne montant pas ses sentiments, mais ne présentant aucune anomalie mentale.

Deux thèses s'affrontent

Mais Jérémie nie en bloc, et après avoir varié dans ses dépositions, il affirme désormais que deux hommes ont tué son camarade, et l'ont forcé à faire disparaître la moto après le crime. "Il n'y a pas de mobile. La moto n'est pas un mobile valable, et on n'a jamais retrouvé l'arme du crime", souligne son avocat, Me Euvrard, pour qui "il est matériellement impossible qu'il ait été seul ce soir-là".

Une piste que les enquêteurs n'ont pas retenu: "Les reconstitutions ont montré qu'il pouvait être seul", rappelle Me Simmoneau. Jérémie est donc isolé dans le box des accusés ce lundi, et la qualification de préméditation de crime est retenue par l'accusation. "Il a tout organisé et planifié pour tuer Maxime", insiste encore l'avocat.

Le jeune homme encourt 20 ans de prison si l'excuse de minorité est retenue au terme des débats, voire la réclusion criminelle à perpétuité si elle est finalement exclue, en raison de la préméditation de l'acte par exemple, ou du fait que la victime avait moins de 15 ans. Le verdict est attendu vendredi.

Alexandra Gonzalez avec AFP