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Dieudonné placé en garde à vue pour apologie du terrorisme

Le polémiste Dieudonné lors d'un procès, en décembre 2013.

Le polémiste Dieudonné lors d'un procès, en décembre 2013. - Joël Saget - AFP

L'homme est entendu après avoir écrit dimanche sur sa page Facebook "Je suis Charlie Coulibaly", avant d'effacer le message.  L'avocat de Dieudonné dit qu'il se sent "traité comme un terroriste".

Le polémiste Dieudonné a été placé en garde à vue mercredi matin, tôt, dans le cadre de l'enquête ouverte lundi pour apologie du terrorisme. Selon nos informations, il est entendu à la brigade de répression de la délinquance aux personnes, à Paris.

Dimanche, après la marche républicaine à laquelle il a participé, l'humoriste controversé avait publié sur sa page Facebook un message, avant de l'effacer, indiquant que "ce soir", il se sentait "Charlie Coulibaly", du nom du terroriste qui a exécuté au moins quatre personnes, à Vincennes, vendredi.

"Il se sent traité comme un terroriste" selon son avocat

Sanjay Mirabeau, avocat de Dieudonné, a expliqué mercredi que son client avait "le sentiment d'être traité comme un terroriste" et que ce serait pour cette raison qu'il "avait accolé les deux noms".

"C’est la qualification qui est retenue pour les deux mots. A savoir d’avoir accolé les deux noms de Charlie qui est le symbole de la liberté d’expression et celui de Coulibaly, c’est-à-dire d’un terroriste. Dieudonné a le sentiment qu’on le traite comme un terroriste, donc c’est pour ça qu’il a accolé les deux noms. Il faut voir si on a plus d’explications à donner pour qu’il puisse ressortir de là, ou s’il doit être jugé. Ce sera en fonction de la volonté du Premier ministre", a déclaré Me Mirabeau devant la presse.

Lundi, devant le tollé provoqué par ce post, y compris au sein de ses fans, déçus et choqués par sa sortie, Dieudonné a publié une lettre d'explications, estimant que les autorités le considéraient "comme un Amedy Coulibaly" alors qu'il n'était "pas différent de Charlie", selon lui.

Déboires judiciaires

Adepte des provocations, le polémiste a déjà été condamné pour des propos antisémites. Le parquet de Paris avait ouvert une enquête pour le même délit d'apologie du terrorisme début septembre, après la diffusion d'une vidéo où Dieudonné ironisait sur la décapitation du journaliste américain James Foley par l'organisation État islamique (EI).

Dans une autre vidéo en 2010, l'humoriste controversé avait aussi appelé à la libération de Youssouf Fofana, condamné pour le meurtre d'Ilan Halimi, jeune Juif séquestré, torturé et tué en 2006. Poursuivi pour cette vidéo, il a été relaxé début février mais doit comparaître en appel jeudi sur le volet civil de ce dossier.

Dans le viseur du gouvernement fin 2013, Dieudonné M'Bala M'Bala avait vu plusieurs de ses spectacles interdits par la justice. Parmi d'autres déboires judiciaires, il a été mis en examen en juillet par le juge financier Renaud van Ruymbeke pour fraude fiscale, blanchiment de fraude fiscale et abus de biens sociaux. Selon une source proche du dossier, il est soupçonné d'avoir minoré ses revenus à l'égard du fisc et ses biens vis-à-vis de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), qui s'applique aux patrimoines supérieurs à 1,3 million d'euros. Contacté, son avocat, David de Stefano, avait répondu que son client était "totalement en règle au niveau fiscal".

A. G.