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Dieudonné: le procès "Charlie Coulibaly" constitue "un tournant" selon son avocat

Dieudonné s'exprime avec son avocat, mercredi, à la sortie de son procès au tribunal correctionnel de Paris.

Dieudonné s'exprime avec son avocat, mercredi, à la sortie de son procès au tribunal correctionnel de Paris. - BFMTV

Une peine de 30.000 euros d'amende a été requise ce mercredi à l'encontre du polémiste Dieudonné, poursuivi pour "apologie du terrorisme" pour avoir écrit "Je me sens Charlie Coulibaly". Invité de BFMTV, son avocat Me Sanjay Mirabeau a fait part de sa sérénité vis-à-vis de son client. Explications.

Et si cet énième procès marquait un tournant pour Dieudonné? Quelques heures après le jugement du polémiste, poursuivi pour "apologie du terrorisme" devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir écrit "Je me sens Charlie Coulibaly" sur sa page Facebook le 11 janvier dernier, son avocat, Maître Sanjay Mirabeau, était l’invité de BFMTV.

Sur notre antenne ce mercredi soir, il a fait part de sa sérénité et sa confiance vis-à-vis de son client: "il s’est passé quelque chose aujourd’hui à l’audience, j’ai le sentiment qu’on a bien travaillé", a-t-il notamment affirmé.

Pourtant, lors de l'audience de ce mercredi, une lourde peine de 30.000 euros d'amende a été requise à l'encontre du polémiste, qui pourrait même passer quelques jours derrières les barreaux s'il ne viendrait pas à s'acquitter totalement de la totalité de ce montant.

"Je pense que la paix qu'on essaye de faire a déjà commencé"

Malgré les lourdes réquisitions de la part de la procureure, le conseil de Dieudonné s'est montré satisfait mercredi soir. "On a pu reparler aux parties adverses", s'est-il ainsi félicité sur notre plateau. "Ça veut dire des choses, je pense que la paix qu'on essaye de faire a déjà commencé", a ajouté Me Sanjay Mirabeau.

S'agit-il d'une nouvelle ruse du polémiste, dont le numéro a été plus qu'ambigu depuis les attentats qui ont frappé la France du 7 au 9 janvier? Non, répond son avocat. "Peut-être que dans le passé le tribunal lui permettait de s'exprimer quand il n'avait pas de tribune pour le faire", a-t-il poursuivi. "Aujourd'hui, ce n'est pas l'artiste qui s'exprime, c'est l'homme qui est venu parler."

"On répète plus souvent les propos qui blessent que ses excuses"

Pour appuyer encore sa théorie, Maître Sanjay Mirabeau est allé encore plus loin. "A chaque fois que le parquet et le juge requièrent la présence de Dieudonné, il vient et il dit des choses qu'il n'a jamais dites auparavant", a-t-il encore justifié. Des déclarations qui auraient pour effet "de toucher les magistrats et les parties adverses".

En l'occurrence, au sujet de l'expression "Charlie-Coulibaly", l'humoriste aurait choisi d'évoquer ce terroriste car sa première victime, la policière municipale de Montrouge, était une jeune femme noire. "Il s'est senti proche, ça l'a blessé", a avancé l'avocat de Dieudonné M'Bala M'Bala.

Le principal intéressé, déjà condamné à onze reprises dans le passé, comprend-il seulement que des personnes peuvent être blessées par ses propos? "Il le comprend tout à fait", a assuré Me Sanjay Mirabeau. "On entend plus souvent et on répète plus souvent les propos qui blessent, que toutes ses excuses, tous ses regrets ou tout sa compréhension qu'il manifeste tout le temps."

Au début de l'audience de ce mercredi, Dieudonné a assuré que "bien évidemment" il condamnait "sans aucune retenue et sans aucune ambiguïté les attentats".Un fait qu'a tenu à rappeler à plusieurs reprises son conseil.

A-t-il peur d'aller en prison?

Dieudonné risque-t-il d'aller en prison tôt ou tard, le craint-il seulement? Son avocat écarte d'un revers cette hypothèse: "Les autorités politiques savent très bien que ce n'est pas quelqu'un qu'il faut envoyer en prison, ce serait créer un séisme. Envoyer quelqu'un en prison pour des mots alors qu'on n'a déjà pas de place pour ceux qui ont commis de vrais actes terroristes ce ne serait pas compris. Encore moins compris que la formule 'Charlie-Coulibaly'", a-t-il jugé.

Le tribunal correctionnel de Paris peut encore en décider autrement. Il doit rendre son jugement le 18 mars.

Jé. M.