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"Charlie Coulibaly": 30.000 euros d'amende requis à l'encontre de Dieudonné

Dieudonné au tribunal correctionnel de Paris le 28 janvier 2015

Dieudonné au tribunal correctionnel de Paris le 28 janvier 2015 - Stéphane de Sakutin - AFP

Alors qu'il comparaissait mercredi devant la justice pour apologie du terrorisme, le polémiste a déclaré condamner "sans aucune ambiguïté" les attentats mais s'est dit "exclu" de la marche républicaine.

"Bien évidemment je condamne sans aucune retenue et sans aucune ambiguïté les attentats", a assuré mercredi à la barre Dieudonné. Le polémiste comparaissait devant le tribunal correctionnel de Paris pour apologie du terrorisme pour son message "je me sens Charlie Coulibaly". 

200 jours-amende à 150 euros requis

Une peine de 30.000 euros d'amende, qui si elle n'est pas acquittée peut se transformer en emprisonnement, a été requise mercredi à son encontre. La procureur a requis 200 jours-amende à 150 euros contre Dieudonné M'Bala M'Bala, demandant au tribunal de considérer à la fois le propos lui-même, le contexte dans lequel il a été tenu et la personnalité de son auteur, condamné à plusieurs reprises pour des propos antisémites. L'audience a été mise en délibéré au 18 mars.

Le message litigieux avait été diffusé sur Facebook le 11 janvier, alors que des millions de personnes à travers le pays venaient de rendre hommage aux 17 victimes des attentats ayant visé Charlie Hebdo, des policiers et des juifs. Marche qu'il avait qualifiée d'"instant magique égal au Big Bang qui créa l'Univers". "Sachez que ce soir, en ce qui me concerne, je me sens Charlie Coulibaly", avait-il ajouté, associant le slogan de soutien au journal satirique, "Je suis Charlie", au nom d'Amédy Coulibaly, le preneur d'otages qui a notamment tué quatre juifs dans un supermarché casher.

"Concerné par la marche mais exclu par les services de police"

Devant le tribunal correctionnel, il a affirmé qu'il avait voulu participer à la marche à Paris, que ses avocats s'étaient rapproché du ministère de l'Intérieur, mais, selon lui, n'avait eu aucune réponse. Il a finalement, a-t-il dit, participé à une marche dans une commune près de son domicile, qui se trouve en Eure-et-Loir.

"Je me suis senti concerné par cette marche et exclu par les services de police de cette marche", a-t-il expliqué, "je me sens traité comme un terroriste". Selon lui, le message qui lui vaut ce procès est "une parole de paix".

Jusqu'à 7 ans de prison et 100.000 euros d'amende

Le message avait été retiré, mais, trois jours plus tard, après une convocation restée sans réponse, Dieudonné était placé en garde à vue, à l'issue de laquelle le parquet avait décidé de le convoquer devant le tribunal correctionnel de Paris. Déjà condamné à plusieurs reprises pour des provocations antisémites, Dieudonné M'bala M'bala encourt sept ans de prison et 100.000 euros d'amende, les propos litigieux ayant été diffusés sur internet.

M.G. avec AFP