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Bruit entendu à Paris: dans quelles conditions un avion peut-il franchir le mur du son?

Ce mercredi en fin de matinée, un avion de chasse a passé le mur du son pour venir en aide à un appareil en difficulté. Une action exceptionnelle soumise à un protocole strict.

Un bruit important a été entendu ce mercredi en fin de matinée à Paris et en Ile-de-France. D’abord prise pour une explosion, cette détonation a suscité l’inquiétude avant d’être expliquée par l’armée de l’Air et de l’Espace.

"Un Rafale de la permanence opérationnelle de Saint-Dizier (était) en intervention réelle pour porter assistance à un aéronef en perte de contact a été autorisé à passer le mur du son pour rejoindre l'appareil en difficulté", a déclaré à l'AFP le porte-parole de l'armée de l'Air et de l'Espace, le colonel Spet, en précisant que l'avion de chasse avait "passé le mur du son à l'est de Paris", plus précisément vers Créteil.

Une réglementation stricte

Mais dans quelles conditions un avion est-il autorisé à emprunter une vitesse supersonique? Pour passer le mur du son, il faut avoir une allure qui dépasse les 340 mètres par seconde, soit les 1200 kilomètres par heure, mais atteindre cette vitesse est soumis à une réglementation très stricte.

"Un rafale qui doit passer le mur du son doit être à au moins 12.000 mètres du sol, et il doit être éloigné des grandes zones urbaines et des agglomérations", précise notre éditorialiste politique internationale Patrick Sauce.

"Passer le mur du son est en principe interdit, sauf interception opérationnelle", ajoute Xavier Tytelman, consultant aéronautique. Il faut donc obtenir une autorisation de l’armée de l’air pour intervenir dans des conditions d’urgence dans un premier temps, puis une deuxième autorisation pour passer le mur du son.

"Des avions capables de décoller en 8 minutes, 24h/24"

"Cela se justifie quand il y a un problème majeur. Ca peut être un avion qui a des difficultés, une panne radio, un risque terroriste, un doute sur un avion qui ne s’annonce pas quand il arrive dans un espace aérien contrôlé", détaille-t-il.

En 2019 par exemple, il y a eu 211 violations de l’espace aérien, dont 7 commises par des bombardiers russes, souligne Patrick Sauce s'appuyant sur les chiffres de la police du ciel. Cette même année, il y a eu 205 pertes de communication avec des appareils.

L'armée de l'air rapporte également avoir "fait face à 450 situations anormales, dont 210 ont nécessité une intervention des avions de chasse et hélicoptères".

"Dans ces cas-là, les avions sont obligés de décoller très rapidement, c’est ce qu’on appelle la permanence opérationnelle: partout sur le territoire on a des avions qui sont capables de décoller en 8 minutes, avec des pilotes disponibles 24 heures sur 24", indique Xavier Tytelman.

Selon la police du ciel, un chasseur décolle en moyenne un jour sur trois dans le cadre de la "permanence opérationnelle".

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV