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CRS renvoyé aux assises: "Il est effondré, c'est un terrible choc"

Maître Franck Liénard, avocat du CRS incriminé

Maître Franck Liénard, avocat du CRS incriminé - BFMTV

"Il n'a jamais entendu blesser quelqu'un, faire du mal à quiconque", assure son avocat, qui critique la criminalisation de l'affaire.

Un CRS est renvoyé devant les assises pour le "lancer injustifié" d’une grenade de désencerclement en septembre 2016. Son explosion a causé la perte d’un œil d’un manifestant lors d’une manifestation contre la loi Travail. L'accusé est "évidemment effondré, c'est un terrible choc", pour lui, déclare son avocat Maître Laurent Franck Liénard, sur BFMTV.

"Il n'a jamais entendu blesser quelqu'un, faire du mal à quiconque", assure son avocat "se retrouver traduit devant une cour d'assises comme un criminel c'est terrible pour lui, c'est contraire à tous ses principes, à toutes ses valeurs".

Un exemple pour les gilets jaunes?

Maître Franck Liénard explique à BFMTV que le parquet avait, au début, sollicité le renvoi du CRS devant un tribunal correctionnel, qui juge les délits. "Les juges d'instruction sont allés au delà, et ont estimé qu'il devait comparaître comme un criminel devant une cour d'assises", explique l'avocat. La cour d’assises juge en effet les personnes accusées de crime, le plus grave type d'infraction en France.

"Je pense évidemment que le prisme par lequel les magistrats ont lu ce dossier est en relation avec l'actualité", a déclaré Maître Franck Liénard, "et notamment cette impunité dont bénéficieraient des policiers dans le cadre des manifestations gilets jaunes".

Ce procès est en lien avec une affaire de 2016, mais difficile en effet de ne pas faire de lien avec des accusations plus récentes concernant des forces de l'ordre. Lors des manifestations de gilets jaunes, plusieurs manifestants ont été gravement blessés (éborgnés, mains arrachées, fractures...) et accusent les policiers et leurs armes d'être à l'origine de leurs blessures.

Salomé Vincendon