BFMTV

Covid-19: le pass sanitaire va-t-il concerner les enfants?

Une enfant portant un masque de protection, à Paris le 11 août 2020

Une enfant portant un masque de protection, à Paris le 11 août 2020 - ALAIN JOCARD © 2019 AFP

Le Conseil scientifique s'est prononcé en faveur de la mise en place d'un pass sanitaire en France lors de grands rassemblements dès cet été, et les députés ont donné leur feu vert. Mais les enfants, pas éligibles à la vaccination, seront-ils concernés par ce document?

Emmanuel Macron a annoncé, la semaine passée, la création d'un pass sanitaire permettant d'accéder "aux lieux qui brassent les foules" à partir du mois de juin. Dès la réouverture de certains lieux publics le 9 juin, présenter un document numérique ou papier sera nécessaire pour attester que vous avez été vacciné ou que vous avez été testé négatif au Covid-19. Il servira notamment à se rendre dans des stades, des salons, des musées, des concerts ou encore des foires.

Ce document, qui viendra compléter le pass sanitaire exigé au niveau européen pour les déplacements à l'étranger, est déjà perçu par le secrétaire d'État chargé du numérique Cédric O comme un "sésame vers la liberté" qui va nous permettre d'éviter l'apparition de "cluster ou de supercluster" dans ces lieux de regroupement. Mais que va-t-il advenir des enfants et des adolescents, alors que le ministre de la Santé n'envisage pas pour l'instant de tous les vacciner?

Le pass sanitaire européen, qui sera requis pour voyager à l'étranger entre la mi et la fin juin, concernera lui les enfants. C'est ce qu'a annoncé le commissaire européen au marché intérieur Thierry Breton à la mi-avril sur BFMTV, précisant que ce sésame contiendrait "trois éléments principaux: si vous êtes vacciné ou pas, si vous êtes immunisé ou pas, et l'état de votre situation par rapport à un test".

L'extension du pass aux enfants recommandée

Quant au pass sanitaire français, le Conseil scientifique recommande qu'il soit étendu aux enfants, dans son avis rendu public ce jeudi. Il souligne que "la grande majorité des mineurs ne sera pas vaccinée avant l’automne". En effet, si plusieurs pays réfléchissent déjà à vacciner leurs mineurs, l'Union européenne ne devrait statuer sur le sujet qu'en juin.

Et au mois d'avril dernier, Olivier Véran avait qualifié la vaccination des plus jeunes de "question importante" mais "pas d'actualité". À ce stade, l'accès aux vaccins n'est pas ouvert aux moins de 16 ans, même si Emmanuel Macron a annoncé ce jeudi que les mineurs de 16 et 17 ans atteints de certaines maladies graves pourraient se faire vacciner à partir du 6 mai.

Concrètement, pour la population adulte, le pass sanitaire consistera en la présentation du résultat d'un examen de dépistage virologique négatif au Covid-19, d'un justificatif de vaccination ou attestant du rétablissement de la personne à la suite d'une contamination.

À défaut de pouvoir présenter un certificat de vaccination, le pass sanitaire des enfants ne devrait donc reposer que "sur un test virologique négatif de moins de 48h et sera sous la responsabilité parentale", selon l'avis du Conseil scientifique. Grâce à l’application mobile TousAntiCovid, les parents pourront ainsi "sauvegarder les certificats de plusieurs personnes, permettant ainsi à toute personne de stocker les certificats de ses enfants ou de personnes dont elle a la charge".

Une "réflexion est actuellement menée" au sein du gouvernement, confie ce jeudi soir à BFMTV.com l'entourage du secrétaire d'État au numérique. "Le sujet sera soumis au Parlement" et "des propositions seront faites pour trouver le juste équilibre entre intérêt sanitaire et 'faisabilité'".

Les enfants, importants vecteurs de la maladie

Car s'ils ne développent que peu de formes graves du Covid-19, les enfants sont bien souvent porteurs du virus sous une forme asymptomatique, et donc d'importants vecteurs de la maladie. Dès à présent, un test PCR ou antigénique négatif (72 heures avant le voyage) doit d'ailleurs être présenté pour les enfants de plus de 11 ans afin de voyager à destination de la Corse ou des départements d'Outre-mer.

Par ailleurs, Emmanuel Macron a assuré fin avril que le document ne serait pas exigé pour les activités "du quotidien", comme pour se rendre dans les bars, restaurants, salles de sport, théâtres ou encore les cinémas, mais plutôt dans le cadre de grands rassemblements.

En France, l'idée de la mise en place d'un pass sanitaire gagne les esprits. Un sondage Elabe pour BFMTV révélait ainsi mercredi que 63% des Français se disent favorables au pass sanitaire. Les jeunes, eux, sont plus pondérés, et les 25-34 ans ne sont que 52% à y être favorables.

Le Conseil scientifique met toutefois en garde contre un relâchement trop rapide des gestes barrières à la mise en place d'un tel pass. Si ce nouvel outil peut permettre un assouplissement des règles de distanciation physique, il ne signera pour autant pas la fin du port du masque en public.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV