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Covid-19: la campagne de vaccination a débuté dans les prisons

Un gardien de prison ferme une porte d'un couloir de la prison de la Santé à Paris, le 6 novembre 2020

Un gardien de prison ferme une porte d'un couloir de la prison de la Santé à Paris, le 6 novembre 2020 - BERTRAND GUAY © 2019 AFP

Les détenus dans les prisons françaises vont être vaccinés comme le reste de la population. La priorité est donnée aux plus de 75 ans et aux personnes présentant des facteurs de co-morbidité.

"Les détenus sont vaccinés comme les Français, explique-t-on au ministère de la Justice. La décision prise pour la vaccination, le choix qui a été fait, c’est celui d’appliquer la doctrine gouvernementale." La campagne de vaccination dans les prisons a débuté le 28 janvier en suivant la doctrine mise en place par le gouvernement au niveau national.

La priorité est donnée aux détenus de plus de 75 ans et à ceux présentant des facteurs de co-morbidité. En six jours, 43 détenus ont reçu une première dose du vaccin contre le Covid-19, selon des chiffres communiqués ce vendredi par la Chancellerie. Au total, 204 personnes incarcérées en France ont plus de 75 ans.

"Il n'y a pas de spécificités pour les détenus", indique-t-on du côté du ministère.

123 détenus positifs au 2 février

La campagne de vaccination va se poursuivre dans les prochains jours et prochaines semaines, suivant le calendrier fixé par le ministère de la Santé et en lien avec les autorités de santé localement qui organisent cette campagne et gèrent les priorités. La priorité pour la vaccination ne sera en tout cas pas donnée non plus aux personnels de l'administration pénitentiaire.

"À l’exception des soignants, il n’y a aucune profession qui bénéficie d’une priorisation", fait-on remarquer au ministère de la Justice.

La crise sanitaire semble maîtrisée dans les prisons, à en croire les chiffres de la Chancellerie. Au 2 février, 123 détenus avaient été testés positifs au Covid-19, soit 0,2% de la population pénale détenue, contre 141 une semaine plus tôt. La situation est toutefois plus délicate dans les structures en Ile-de-France comme à Nanterre, Réau ou Fresnes. Sur ces 123 cas, 65 ont été recensés au centre pénitentiaire du Val-de-Marne. Il y en avait 78 six jours plus tôt, et l'administration pénitentiaire assure que ce nombre diminue chaque jour. Concernant les personnels, 179 cas positifs avaient été recensés.

"Les personnels de l'administration pénitentiaire représentent la moitié de la totalité des personnels du ministère de la Justice contaminés", note Wilfried Fonck, secrétaire national du syndicat UFAP-UNSA justice, joint par BFMTV.

Des dépistages massifs organisés en prison

La Chancellerie explique ce faible nombre de cas par la possibilité, pour les autorités de santé, d'organiser "des dépistages massifs" dans les prisons "qui permettent d’être très précis sur les mesures qui sont prises". Depuis le début de la crise sanitaire, dix notes ont été adressées par l'administration pénitentiaire aux directions d'établissements pour la mise en place de mesures afin de freiner le nombre de cas de covid-19 parmi les détenus.

Actuellement, le port du masque, qui est distribué aux personnes incarcérées, est obligatoire pour les détenus dès leur sortie de cellule. Il est également obligatoire pour les personnels de l'administration pénitentiaire. Cette obligation ne présente pas de difficulté et les surveillants ne relèvent pas de tensions vis à vis du port du masque ou du respect des mesures barrières.

Certains aménagements des activités ont également été menés avec "une recherche d’équilibre entre la protection sanitaire des détenus et la possibilité de maintenir un maximum d'activités", explique-t-on au ministère. Ainsi les promenades sont maintenues, avec les mêmes co-détenus à chaque fois, tout comme les activités physiques mais en plein air et en petit groupe. L'enseignement en présentiel se poursuit pour les mineurs, et en distanciel pour les majeurs. Afin de maintenir des relations sociales, les visites familiales sont elles aussi possibles.

"La principale difficulté reste de gérer les contacts extérieurs avec les parloirs ou les détenus arrivants, mais nous comptons sur le civisme de chacun", conclut Wilfried Fonck.
https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV