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Comment sont protégés les sites industriels?

Bernard Cazeneuve a annoncé le renforcement de la vigilance sur tous les sites industriels sensibles.

Bernard Cazeneuve a annoncé le renforcement de la vigilance sur tous les sites industriels sensibles. - Xavier Leoty - AFP

Pour les enquêteurs, l'incendie du site pétrochimique de Berre-l'Etang est un acte volontaire. Si la piste terroriste n'est pas privilégiée, la menace sur les sites industriels a obligé le gouvernement à renforcer la sécurité de ces lieux sensibles.

Bernard Cazeneuve a demandé mercredi un renforcement de la sécurité des sites industriels. Dans une note adressée aux préfets, le ministre de l'Intérieur réclame que soient vérifiés tous les dispositifs de sécurité, notamment des sites Seveso.

Après l'attaque contre l'usine de Saint-Quentin-Fallavier fin juin, cette nouvelle intrusion mardi dans un site industriel à Berre-l'Etang pose question. Ségolène Royal, la ministre de l'Ecologie doit réunir vendredi les industriels des sites Seveso pour leur rappeler les règles de sécurité. Car au premier plan ce sont les entreprises elles-mêmes qui ont à charge la protection des sites. "La prévention des risques industriels relève de la responsabilité des exploitants industriels", expliquait Ségolène Royal sur BFMTV ce jeudi.

Face à ces risques inhérents à la nature des activités sensibles de ces sites, des réglementations strictes sont appliquées. Le ministère de l'Ecologie impose en effet des mesures de sécurité aux sites industriels et aux entreprises classées Seveso. Une réglementation qui prend en compte aussi bien les barrières de protection que le contrôle des entrées. Des inspections sont ensuite menées pour vérifier que les règles sont bien appliquées. "Dès qu'il y a des actes de malveillance ou de terrorisme, on tombe sous la responsabilité de la Défense ou de l'Intérieur", poursuit la ministre de l'Ecologie.

Les dangers extérieurs pas assez pris en compte

Mais pour plusieurs associations de protection de l'environnement la menace extérieure n'est pas assez prise en compte. "Durant les quinze dernières années, on s'est surtout posé la question des accidents qui peuvent se produire sur les sites industriels lorsque quelque chose dérape, beaucoup moins sur ce qui peut se passer si quelqu'un essaye d'y venir pour déposer une bombe", regrette Maryse Arditi de France Nature Environnement, interrogée par 20minutes.

Jacky Bonnemains, porte-parole de l'association Robins des Bois est sur la même ligne. "Les études de danger énumèrent les risques d'origine extérieure comme la foudre, les séismes, la rupture d'un barrage en amont, les chutes d'avion, mais le risque d'attentat n'est pas pris en compte", affirme-t-il dans Le Parisien. Pour lui, "les barrières physiques" des sites Seveso ne sont pas assez dissuasives et le recours à des entreprises de sécurité privée pour surveiller les sites n'est pas satisfaisant. "Il leur faut une véritable formation sur les risques et la géographie du lieu. Trop souvent, un jour ils gardent une discothèque et le lendemain, une raffinerie. Il faut professionnaliser cette surveillance", martèle Jacky Bonnemains.

Des élus s'inquiètent à leur tour pour la sécurité des entreprises de leur commune. Pierre Bouldoire, maire de Frontignan à 170 kilomètres de Berre-l'Etang en appelle "aux services de l'Etat" pour renforcer la sécurité, rapporte France3. Sur sa commune se trouvent également deux entreprises classées en seuil haut.

C. B