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Cocaïne: cinq questions sur le vaste réseau de trafiquants démantelé en Gironde

Une filière internationale de trafic de drogue a été démantelée dimanche dans la région bordelaise par des policiers français, appuyés par leurs collègues espagnols et l'agence anti-drogue américaine.

Coup de filet impressionnant dans la région bordelaise ce week-end. Comme l'a révélé RMC lundi, plus d'une tonne de cocaïne a été saisie dimanche dans une villa près de Bordeaux, dévoilant les manœuvres de groupes criminels qui affluaient de toute l'Europe pour se fournir, en France, auprès de trafiquants d'Amérique latine. Vingt-trois personnes ont ainsi été arrêtées. Comment l'opération policière s'est-elle déroulée? Qui sont les individus interpellés? Le point sur l'enquête.

Que s'est-il passé dimanche?

Le coup de filet, orchestré par l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis) avec la direction centrale de la police judiciaire, la BRI locale et les PJ de Paris et Bordeaux, a notamment visé une villa de Lacanau, station balnéaire située sur la côte atlantique, qui "servait de lieu de stockage de la marchandise", indique une source proche du dossier à l'AFP.

Au total, 1,2 tonne de cocaïne et 350.000 euros en liquide ont été saisis, ainsi que sept véhicules. La drogue, "pure et d'excellente qualité", selon une source proche de l'enquête citée par Sud Ouest, représenterait une valeur marchande de plus de 100 millions d'euros à la revente.

Qui a mené les investigations?

Cette opération est le fruit de plusieurs mois de collaboration entre forces de police, rapporte RMC. Les agents de l'Office anti-drogue de Nanterre et de Bordeaux suivaient, depuis mars, la trace de cette filière criminelle. Ils étaient épaulés par leurs homologues américains, la Drug Enforcement Administration (DEA), espagnols, les Unidad de Droga y Crimen Organizado (UDYCO), et colombiens.

Selon Sud Ouest, les investigations ont été dirigées sur commission rogatoire d’un juge d’instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Bordeaux. Elles étaient menées depuis la Colombie en passant par les Caraïbes. Au total, huit mois d'enquête ont ainsi été coordonnés par la JIRS de Bordeaux, précise RMC.

D'où venait la drogue?

La cocaïne provenait directement de Colombie et avait été acheminée par avion, indique une source proche de l'enquête à l'AFP. Elle devait ensuite être rapidement écoulée dans plusieurs pays européens, notamment en Espagne. Les véhicules saisis pourraient avoir été loués à cet effet.

Qui sont les 23 personnes interpellées?

Preuve de l'ampleur de la filière, la diversité des nationalités des personnes arrêtées dimanche: colombienne, dominicaine, espagnole, turque, anglaise, albanaise, italienne, néerlandaise et française...

Parmi les 23 individus interpellés, dont certains à la sortie de leur chambre d’hôtel, figurent quatre suspects considérés comme les "têtes" de ce "gros réseau qui acheminait massivement depuis la Colombie de la cocaïne", ajoute une source proche du dossier à l'AFP.

Les autres suspects appréhendées par les enquêteurs sont soupçonnés d'être des fournisseurs et des acheteurs d'envergures diverses. Depuis février dernier, le réseau était soupçonné de gagner en importance.

Où en est l'enquête?

Les investigations ont montré que les trafiquants étaient capables de venir chercher plusieurs centaines de kilos de drogue à chaque convoi, souligne RMC. Leur objectif: approvisionner les marchés français, espagnols, italiens, anglais et d’Europe de l’Ouest.

Les trafiquants interpellés ont été placés en garde à vue et sont actuellement entendus par les enquêteurs de la police judiciaire en présence d’interprètes, affirme Sud Ouest. Pour la plupart, le régime de la garde à vue devrait être prolongé jusqu’à jeudi.

Juliette Pousson, avec AFP