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Calais: l'intervention des CRS lors d'un exercice alerte-attentat aurait pu mal finir

Les CRS ont interpellé une femme avant de se rendre compte qu'il s'agissait d'un exercice.

Les CRS ont interpellé une femme avant de se rendre compte qu'il s'agissait d'un exercice. - Philippe Huguen - AFP

Vendredi dernier, les autorités ont mené un exercice alerte - attentat dans le port de Calais. Un test grandeur nature qui aurait pu mal tourner alors que des CRS ont cru à une véritable attaque terroriste.

Le scénario était bien établi. Vendredi dernier, les autorités du port de Calais ont réalisé un exercice alerte - attentat sur son espace afin de préparer personnels et direction en cas de réelle attaque dans un contexte de menace terroriste élevée, auquel les services de la Police aux Frontières et les CRS étaient associés. Seul problème: une compagnie de CRS n'avait pas été prévenue de cette opération fictive, révèle Nord Littoral.

Tout était fin prêt vendredi. La vigilance du personnel avant tout. Un employé du port aperçoit les CRS et les avisent de ce qu'il vient de voir. Une femme vient de se faire remettre des armes longues à la grille du port de Calais. Immédiatement les policiers partent à sa recherche et repèrent la suspecte qui se dirige vers les quais d'embarcation des ferries. Ils vont alors l'interpeller, une opération qui aurait pu virer au drame.

"Conséquences graves"

"Nos collègues, armes à la main, l'interpellent mais surprise à cet instant cette femme leur annonce que c'est juste un exercice", détaille le syndicat UNSA Police, dans un communiqué. L'information va être vite confirmée par d'autres employés du port de Calais. Quelques jours plus tard, les policiers dénoncent le procédé. "Inadmissible, regrette le bureau Nord de l'UNSA Police. Sans avertir les CRS, les autorités portuaires ont décidé de réaliser cet exercice qui aurait pu avoir des conséquences graves."

En effet, les policiers auraient pu tenter de neutraliser la suspecte. "On a frôlé la catastrophe, déplore, auprès du quotidien régional, David Létendart, membre du CHSCT du port de Calais. Ces intervenants, censés interpeller le suspect, n’étaient pas au courant, ou une consigne a été mal comprise. Ce n’est qu’après que la cobaye a réalisé qu’elle aurait pu se prendre une balle en pleine tête."

Du côté de la préfecture du Pas-de-Calais, on explique que le temps entre le briefing des participants et le début de l'exercice est très court. L'information du déroulement d'une simulation d'attaque n'a pas été communiqué à l'ensemble des forces présentes ce jour-là sur le port de Calais. Saluant le professionnalisme des CRS ce vendredi, la préfecture assure qu'un "retour d'expérience" permettra de prendre en compte cette mésaventure pour améliorer les interventions des services de sécurité.

Justine Chevalier