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"C'est de la survie": le patron d'un restaurant clandestin à Paris témoigne

Ce restaurateur, qui témoigne anonyment pour BFMTV, a ouvert peu avant le début de la crise sanitaire. Par conséquent, il n'entre pas dans les délais impartis pour pouvoir recevoir les différentes aides de l'État.

Depuis la diffusion du reportage de M6 révélant l'existence de dîners clandestins luxueux dans la capitale, la polémique enfle sur les établissements qui ouvrent discrètement malgré les restrictions sanitaires en vigueur dans le cadre de la crise sanitaire. Auprès de BFMTV, le patron de l'un de ces restaurants clandestins, qui a souhaité garder l'anonymat, se confie ce dimanche: "C'est de la survie", explique-t-il. "C'est ça où je mets les clés sous la porte et je suis à la rue."

Le restaurateur a ouvert peu avant le début de la crise sanitaire. Par conséquent, il n'entre pas dans les délais impartis pour pouvoir recevoir les différentes aides de l'État.

"Je n'ai jamais fermé mon restaurant parce que je n'ai pas le droit aux aides de l'État", explique-t-il. "Quand la crise est arrivée, j'étais en pleine paperasse. Je m'occupais de contracter des prêts auprès des banques."

"La banque m'a aidé les deux premiers mois mais après ils ont refusé", poursuit-il, dénonçant des mesures "illogiques" du gouvernement: "Ne pas aider de jeunes commerçants, alors que ce sont eux qui en ont le plus besoin, paraît quand même un peu compliqué."

"Sinon je mets la clé sous la porte"

"Aujourd'hui, c'est plus de la survie qu'autre chose", plaide-t-il. "J'essaie juste de faire en sorte de payer mon loyer et mes charges. Et d'insister: "Je n'ai pas le choix. C'est soit ça, soit je mets la clé sous la porte et je me retrouve à la rue."

Alors chaque midi et chaque soir, le restaurateur accueille ses clients pour un repas sur le pouce. "Les gens restent à peu près dix minutes attablés pour manger, puis après ils partent", explique-t-il.

"Aujourd'hui, beaucoup de restaurateurs sont perdus", termine-t-il. Et de marteler encore: "Je sais qu'ouvrir peut choquer, mais c'est de la survie."

Cyrielle Cabot Journaliste BFMTV