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Bosnie: saisie de dix fusils automatiques à destination de la France

Un fusil semi-automatique. Photo d'illustration

Un fusil semi-automatique. Photo d'illustration - GEORGE FREY / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le parquet local a annoncé samedi qu'un homme, soupçonné d'agir en bande organisée afin d'exporter des armes vers la France, avait été arrêté dans le nord-est de la Bosnie, alors qu'il essayait de faire passer une dizaine de fusils automatiques vers le marché illégal hexagonal.

La police bosnienne a arrêté un homme soupçonné de trafic d'armes vers la France et saisi dix fusils automatiques destinés au marché illégal français, a annoncé samedi le parquet local. Le ressortissant bosnien de 41 ans, arrêté par la police aux frontières à Orasje, ville frontalière de la Croatie, est soupçonné d'"avoir agi dans le cadre d'un groupe organisé", selon un communiqué.

Le groupe organisait la contrebande d'armes cachées dans des voitures en France, en coordination avec des personnes chargées de revendre ces armes sur le marché illégal français, selon la même source. "Une dizaine de fusils automatiques, avec des chargeurs, ont été saisis dans la région d'Orasje", a précisé cette source.

Source d'approvisionnement

La région des Balkans, dont la Bosnie fait partie, est considérée par les autorités françaises comme l'une des principales sources d'approvisionnement en armes à feu du crime organisé français. Des trafiquants des Balkans approvisionnent également des groupes criminels dans d'autres pays européens.

Ces armes ont parfois été utilisées dans les attentats, notamment en France. Lors des attentats jihadistes du 13 novembre 2015, qui ont fait 131 morts à Paris et à Saint-Denis, les tueurs disposaient de "Zastava", des fusils automatiques yougoslaves. En janvier 2015, les tueurs de Charlie Hebdo avaient un lance-roquettes des Balkans.

"Menace majeure pour la sécurité européenne"

Europol estime qu'il y a entre 3 et 6 millions d'armes à feu en circulation dans les Balkans occidentaux, région ravagée par plusieurs guerres dans les années 1990. Considérant qu'il s'agit d'une "menace majeure pour la sécurité européenne", Paris et Berlin ont lancé en 2017 une initiative pour tenter d'endiguer la propagation des armes des Balkans en Europe.

La France met en place depuis 2019 dans plusieurs pays de la région, dont en Bosnie, un projet visant à équiper les polices locales avec un système d'analyse balistique (Evofinder), permettant l'échange de données entre les pays de la région, mais aussi avec les pays en Europe qui utilisent le même système, afin de freiner le trafic d'armes.

R.V. avec AFP