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Police-Justice

Bordeaux: un policier jugé pour la mort d'un homme en 2007

Vue du tribunal de Pontoise.

Vue du tribunal de Pontoise. - MARTIN BUREAU / AFP

Légitime défense ou "bavure" policière? La cour d'Assises de Bordeaux doit trancher dans une affaire remontant à 2007, lorsqu'un homme de 37 ans a été tué par un policier en intervention.

Ce lundi débute aux Assises de Bordeaux le procès d’un policier suspecté d’avoir abattu un homme en 2007 lors d’une intervention à son domicile à Poitiers. Il est poursuivi pour “coups mortels aggravés”. Tandis que le brigadier-chef Jocelyn Chaveau plaide la légitime défense, la famille d’Olivier Massonnaud espère qu’il sera condamné. La victime n’était pas armée.

Les faits remontent à l’été 2007. La police est appelée pour un signalement de violences conjugales. Lorsqu’elle arrive sur place, la brigade fait face à un homme de 37 ans, ivre et menaçant: “Si je descends, je vais tous vous crever”, leur lance-t-il selon Le Parisien. Alors qu’il se dirige dans la cour voisine, il est touché par un tir de policier. Il meurt des suites d’une blessure au ventre.

Bataille judiciaire 

Débute alors la bataille judiciaire de la famille de ce guide touristique et père de deux enfants. En 2013, une ordonnance de non-lieu est prononcée, confirmée en appel l’année suivante. Finalement, en 2015, la cour de Cassation estime que le non-lieu n’est pas justifié. La cour d’appel de Bordeaux réexamine le dossier et décide donc de renvoyer le policier devant les Assises pour “violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner”.

“J'estime que ce policier qui a tué mon fils mérite d'être sanctionné par un tribunal, ce qui n'a pas été fait jusqu'à maintenant”, a déclaré le père de la victime à France 3.

Légitime défense?

De l'autre côté, Jocelyn Chaveau soutient la thèse de la légitime défense.

“C’est la première fois que je voyais quelqu’un d’aussi violent se jeter de façon aussi déterminée et agressive sur un policier. (...) J’ai réellement cru qu’il pouvait être armé et attenter à sa vie”, a-t-il déclaré durant l’enquête d'après le site d’informations Les Jours.

Au moment du drame, Jocelyn Chaveau était dans la police depuis plus de 15 ans et avait un bon dossier. Il a continué d’exercer dans les forces de l’ordre après l’affaire. Le procès va durer toute la semaine. Il risque jusqu’à vingt ans de prison.

Esther Paolini