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Le directeur de la police rappelle aux policiers les règles d'usage des lanceurs de balles de défense

Les lanceurs de balles de défense sont mis en cause par les manifestants.

Les lanceurs de balles de défense sont mis en cause par les manifestants. - AFP

Le directeur de la police nationale a adressé un télégramme aux policiers pour rappeler les règles d'utilisation des flashball dans les manifestations.

"Rétablir l’ordre public, c’est utiliser les armes intermédiaires qui peuvent provoquer des blessures. Mais l’usage de ces armes est encadré." Le consta du directeur général de la police nationale (DGPN) date d'il y a quelques jours. Appuyant ses déclarations publiques, Eric Morvan a adressé mardi un télégramme aux policiers afin de rappeler les règles d'emploi des lanceurs de balles de défenses lors des opérations de maintien de l'ordre. Ces armes, non-létales, sont mises en cause en raison des blessures graves qu'elles ont provoqué ces dernières semaines.

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"Viser exclusivement le torse ou les membres supérieurs ou inférieurs"

Dans ce document, le directeur de la police insiste sur une utilisation de ces lanceurs de balles de défense 40 reposant "les principes de nécessité et de proportionnalité". Il demande aux policiers, "habilité et régulièrement recyclés à l'emploi du LBD", qui font usage de ces armes intermédiaires de respecter "les intervalles de distance propres à chaque munition" ainsi que de ne porter "qu'un seul type de munition". "Le panachage est prohibé", dit-il.

Avant de souligner: "le tireur ne doit viser exclusivement que le torse ainsi que les membres supérieurs ou inférieurs".

Eric Morvan est conscient des dommages corporels que l'utilisation des LBD 40 peut provoquer. "Je vous rappelle qu'après un tir et en cas d'interpellation, dès que l'environnement opérationnel le permet, il convient de s'assurer de l'état de santé de la personne", poursuit le DGPN, rappelant à ses troupes de faire intervenir des équipes médicales si l'état de santé de la personne interpellée le nécessite.

Répond "aux émeutes urbaines"

Malgré les blessures provoquées lors des manifestations des gilets jaunes ces dernières semaines, le directeur de la police nationale maintient la nécessité de l'usage des LBD 40, qui ont pris la succession des flashball, moins précis donc plus dangereux, "dans le contexte actuel particulièrement difficile des opérations de maintien de l'ordre". Le lanceur de balles de défense "peut être employé lors d'un attroupement (...) en cas de violences commises à l'encontre des forces de l'ordre ou si elles peuvent défendre autrement le terrain qu'elles occupent".

"Ces circonstances correspondent aux émeutes urbaines auxquelles les policiers sont actuellement confrontés", appuie Eric Morvan.

Récemment, le ministère de l'Intérieur a lancé un appel d'offre pour l'acquisition de nouveaux lanceurs de balles de défense, un lot de 180 lanceurs multicoups à six coups, un lot de 270 lanceurs multicoups à quatre coups, et un lot de 1.280 lanceurs mono-coup. En janvier 2018, le Défenseur des droits proposait l'interdiction de leur usage, partageant la position de près de 200 personnalités, dont plusieurs députés d’opposition, ont appelé le gouvernement à cesser "immédiatement" l’utilisation des lanceurs de balles de défense dans les cortèges. 

Justine Chevalier et Cécile Ollivier