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Bertrand Cantat perd son procès contre l'hebdomadaire Le Point

Bertrand Cantat lors d'un concert à la Rochelle en mars 2016.

Bertrand Cantat lors d'un concert à la Rochelle en mars 2016. - XAVIER LEOTY / AFP

L'ex-leader de Noir Désir condamné en 2004 pour avoir tué sa compagne Marie Trintignant, avait porté plainte contre l'hebdomadaire Le Point qui l'accuse de violences dans une enquête publiée en décembre 2017.

L'ex-leader de Noir Désir Bertrand Cantat a perdu ce jeudi le procès en diffamation qu'il avait intenté à l'hebdomadaire Le Point, qui lui imputait d'avoir commis des violences contre plusieurs de ses compagnes dans un article publié fin 2017.

Le 30 novembre 2017, au moment de la sortie du premier album solo de Bertrand Cantat, Le Point avait évoqué l'existence d'une "omerta" autour du comportement de l'artiste, violent selon l'hebdomadaire avant et après la mort de l'actrice Marie Trintignant, qui avait succombé à ses coups à Vilnius en 2003 après une violente dispute.

"Une omerta"

Bertrand Cantat avait été condamné à huit ans de prison. Il en a purgé quatre, dont un en Lituanie, avant de bénéficier d'une libération conditionnelle en 2007. Son contrôle judiciaire a pris fin en 2011. 

Le Point s'appuyait notamment sur le témoignage anonyme d'un "membre de Noir Désir" assurant que la femme de Bertrand Cantat, Kristina Rady, qui s'est suicidée en janvier 2010, avait menti au moment du procès et avait demandé aux membres du groupe de cacher ce qu'ils savaient, ce qu'ils avaient accepté, pour que les enfants du couple ne découvrent pas "que leur père était un homme violent".

Ce témoignage anonyme évoquait des violences envers Kristina Rady et deux anciennes compagnes, avant Vilnius. Le Point faisait également état de violentes colères de Bertrand Cantat contre Kristina Rady en 2009.

Le Point relaxé au titre de "bonne foi"

Bertrand Cantat avait porté plainte. Dans un communiqué, son avocat avait assuré à l'époque que les quatre "membres du groupe démentent les informations parues dans le journal Le Point" et dénoncé des "calomnies dénuées de tout fondement", un "article mensonger".

Jeudi, le tribunal correctionnel a estimé que l'un des huit passages poursuivis n'était pas diffamatoire au sens de la loi de 1881 sur la liberté de la presse et que les sept autres l'étaient, en ce qu'ils imputaient à Bertrand Cantat d'avoir été violent avec Kristina Rady et d'anciennes compagnes.

Pour autant, le tribunal a relaxé Le Point au titre de la "bonne foi". Les magistrats ont notamment jugé qu'ils avaient suffisamment d'éléments pour considérer que la journaliste du Point "s'est effectivement entretenue avec l'un des membres du groupe Noir Désir comme elle l'allègue", notamment des notes d'interview anonymisées.

Jeanne Bulant avec AFP