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Attentats de janvier: ce que l'on sait du couple en garde à vue

Devant l'Hypercacher, le 23 janvier 2015

Devant l'Hypercacher, le 23 janvier 2015 - Stéphane de Sakutin - AFP

Claude Hermant et sa compagne ont été placés en garde à vue. L'homme est déjà incarcéré pour trafic d'armes et décrit comme une figure de l'extrême droite lilloise.

Les enquêteurs essaient d'éclaircir l'origine de l'arsenal impressionnant d'Amedy Coulibaly, le terroriste qui a attaqué l'Hypercacher au mois de janvier. Deux personnes, dont un homme déjà en détention dans une affaire de trafic d'armes, ont été placées en garde à vue ce mardi dans l'enquête sur les attentats de janvier à Paris, selon nos informations.

Il s'agit de Claude Hermant, 52 ans, proche des milieux d'extrême droite du nord de la France, et de sa compagne, a précisé le parquet JIRS (Juridiction interrégionale spécialisée) de Lille.

Trafic d'armes en bande organisée

Les enquêteurs interrogent le couple car des armes découvertes dans l'arsenal d'Amedy Coulibaly, le tueur de l'Hyper Cacher, avaient transité par une société gérée par la compagne d'Hermant, a expliqué une source proche de l'enquête. Il s'agit d'un fusil d'assaut et quatre pistolets Tokarev retrouvés dans l'épicerie casher, théâtre d'une prise d'otages meurtrière le 9 janvier, et dans l'appartement occupé par Coulibaly à Gentilly, près de Paris, a ajouté cette source. 

Claude Hermant avait déjà été mis en examen début 2015 à Lille dans un dossier distinct de trafic d'armes en bande organisée. Il est soupçonné d'avoir revendu des armes via la société de paintball de sa compagne qui importait illégalement des armes remilitarisées. Leurs gardes à vue peuvent durer 96 heures.

Un ancien membre de la sécurité du FN

La Voix du Nord évoquait déjà au mois de mai "l'ombre des attentats" qui planait sur le dossier Hermant, via son réseau en Belgique. D'après le quotidien local, l'homme était également un informateur de la gendarmerie. "Ancien membre de la sécurité du FN dans les années 90, il a aussi été mercenaire (Angola, Congo, Croatie)", précise le titre.

Dans l'enquête sur les attentats de Paris en janvier, sept hommes sont déjà mis en examen, dont six en détention provisoire, soupçonnés d'avoir apporté une aide logistique, en armes et véhicules, à Amédy Coulibaly. Tous nient avoir eu connaissance de ses projets d'attentats. Du 7 au 9 janvier, les frères Kouachi à Charlie Hebdo, puis Coulibaly à Montrouge et à l'Hyper Cacher, avaient fait 17 morts. Ils ont tous les trois été tués dans les assauts donnés par les forces de l'ordre le 9 janvier.

A. D. avec Cécile Ollivier