BFMTV

Attentats de janvier 2015: l'ex-mentor des Kouachi et de Coulibaly veut "demander pardon" aux victimes

Document BFMTV - Farid Benyettou doit être entendu vendredi au procès des attentats de janvier 2015 pour ses liens avec les terroristes et son rôle dans leur radicalisation. Il compte présenter des excuses aux victimes.

Il se dit aujourd’hui repenti du jihadisme. Farid Benyettou, ancien prédicateur et mentor des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly, sera entendu vendredi au procès des attentats de janvier 2015. Il devait initialement témoigner ce jeudi mais l'audience a été suspendue à la suite d'un malaise, dans la matinée, de Nezar Mickaël Pastor Alwatik.

"C’est la première fois que je vais être confronté aux victimes, les regarder dans les yeux, leur demander pardon. Ça, c’est très important, présenter des excuses pour tout ce que j’ai pu faire, pour le mal que j’ai fait", commence-t-il dans une interview accordée en exclusivité à BFMTV.

Sensibilisé depuis l'enfance à l'islam politique dans sa famille, Benyettou s’est fait remarquer dès le lycée pour son prosélytisme religieux. En décrochage scolaire, il s'éloigne de sa famille puis se rapproche des rigoristes salafistes, disant avoir trouvé là "un sens à sa vie".

Au début des années 2000, il adopte la longue chemise traditionnelle, la barbe, le keffieh rouge et blanc et devient l’émir autoproclamé d'un petit groupe soudé de jeunes d'une vingtaine d'années qui vivotent, prient et s'entraînent ensemble dans le XIXe arrondissement de Paris. Parmi eux: Chérif et Saïd Kouachi, ainsi qu’Amedy Coulibaly.

"J'ai défendu al-Qaïda, je suis responsable"

Le petit groupe cultive la haine de l'Occident et organise l'envoi de jihadistes en Irak. La "filière des Buttes-Chaumont" est finalement démantelée en 2005. Farid Benyettou écope de six ans de prison et Chérif Kouachi, arrêté juste avant de partir pour l'Irak, de trois ans. Ils restent cependant très proches, Benyettou continue de voir Chérif Kouachi, qu'il décrit comme "son frère", jusqu'en 2014.

Désormais, le jihadisme est derrière lui, affirme-t-il, tout en reconnaissant sa part de responsabilité dans les attentats de janvier 2015.

"Quand on prêche l’idéologie jihadiste, ne serait-ce que quand on a une proximité avec cette idéologie, on s’engraine les uns les autres. J’ai prêché, j’ai prôné cette idéologie, j’ai défendu al-Qaïda donc… Bien sûr que je suis responsable, même si je n’ai pas participé à cette tuerie", développe-t-il.

Sorti en 2009 de prison, Farid Benyettou estime cependant avoir payé sa dette à la société: "Il n’y a pas eu d’impunité pour moi."

Sarah-Lou Cohen avec Ambre Lepoivre et AFP