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Attaques de Paris: le scénario catastrophe des services antiterroristes s'est confirmé

Des passants fuient après des explosions et tirs, dans le quartier de République à Paris le 13 novembre 2015

Des passants fuient après des explosions et tirs, dans le quartier de République à Paris le 13 novembre 2015 - DOMINIQUE FAGET / AFP

Depuis plusieurs semaines, des responsables des services antiterroristes expliquaient se préparer à l'éventualité d'une attaque terroriste impossible à déjouer. Vendredi soir, ce scénario cauchemar s'est confirmé.

"Nous craignons désormais des attaques à la kalachnikov, qui vont durer" confiait récemment à l'AFP un haut responsable de la lutte antiterroriste, sous couvert d'anonymat. "Le thermomètre grimpe. Aujourd'hui, leur but est de tenir dans le temps, pour que les médias puissent s'accrocher à l'événement, le diffuser en direct pour un maximum de publicité", ajoutait le même responsable. 

Vendredi soir, six lieux différents ont été visés par des attaques qui ont fait 120 morts. Au cours des dernières semaines, des responsables et des experts avaient prévenu que des attentats islamistes, d'une ampleur sans précédent, se préparaient contre la France et seraient quasiment impossibles déjouer. C'est exactement ce que craignaient, depuis des mois, les services antiterroristes français.

Le carnage évité jusque là grâce à la maladresse

Depuis le début de l'année, seule la chance et la maladresse des auteurs de tentatives d'attentat, comme ceux contre le train Thalys ou une église à Villejuif, avaient permis d'éviter un carnage. Mais, avec le retour de Syrie et d'Irak de dizaines de combattants jihadistes de plus en plus aguerris, si nombreux qu'il est impossible de les placer tous sous surveillance, les risques d'une attaque d'une ampleur inégalée augmentaient sans cesse.

"Les services sont submergés"

"Le danger vient d'une équipe plus ou moins grosse de gars qui viennent de théâtres d'opérations où ils se sont aguerris, peut être la Syrie, peut être la Libye, le Yémen, qui trouvent les armes sur place (en France) et passent à l'action", confiait récemment à l'AFP Yves Trotignon, ancien des services antiterroristes de la DGSE. Il avait ajouté : 

"Des gars décidés, prêts à mourir, qui ont étudié la cible et sont solides du point de vue opérationnel peuvent faire très mal. Le nombre de jihadistes vétérans augmente tous les jours. Face à ça, il faut bien le dire, les services sont submergés".

Après les attaques contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher en janvier, les services antiterroristes, de renseignement, de police, de secours se préparaient à l'éventualité d'une attaque simultanée, comme celle qui étaient en cours dans la nuit de vendredi à samedi. Ils ont répété les réponses, les modes de mobilisation et de coopération pour y faire face.

En octobre, Marc Trévidic, ancien juge du pôle antiterroriste de Paris, expliquait à Paris Match, que "la menace est à un niveau maximal, jamais atteint jusqu'alors".

M.L. avec AFP