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Arrêté à Orly avec 2,5 kg de cocaïne dans sa valise, un maire guyanais dénonce "un piège"

Paul Dolianki, le maire d'Apatou en Guyane.

Paul Dolianki, le maire d'Apatou en Guyane. - BFMTV

Un maire guyanais a été arrêté samedi à l'aéroport d'Orly en possession de 2,5 kg de cocaïne. Il a été mis en examen pour "infraction douanière" mais pas pour trafic de stupéfiant.

Il se dit victime d'un excès de confiance. Le maire d'une ville de Guyane arrêté samedi dernier à l'aéroport d'Orly avec dans sa valise 2,5 kg de cocaïne est encore sous le choc. Comment lui, qui dit lutter à son échelle contre le trafic de drogue, a-t-il pu "tomber là-dedans sans le savoir"? La faute a une trop grande confiance en ses amis, assure-t-il.

"Je me suis fait piéger", plaide Paul Dolianki auprès de BFMTV.

"La cocaïne était bien camouflée"

L'élu devait venir en métropole pour une mission en lien avec le ministère des Outre-mer à partir de samedi. Il affirme qu'une amie à lui, mère de famille et fonctionnaire à l'Éducation nationale, lui a demandé un service: ramener avec lui une valise pour la remettre à sa sœur. "Cette femme lui avait déjà confié il y a 2-3 ans une valise à transporter en métropole pour la remettre à sa sœur, il était en confiance", explique Me Avi Bitton, l'avocat de l'élu.

"Je ne savais pas qu’il y avait de la cocaïne dans la valise, donc je suis parti avec", complète l'élu.

Le maire d'Apatou enregistre la valise, dans laquelle il a mis quelques effets personnels, puis embarque dans l'avion direction l'aéroport d'Orly. Paul Dolianki récupère la valise et passe aux douanes. Les policiers découvrent alors au scanner deux sachets suspects au fond de la valise. "La cocaïne était bien camouflée dans le faux fond de la valise", raconte l'élu, justifiant le fait qu'il n'avait pas vu la drogue lorsqu'il a ouvert le bagage.

Mis en examen pour infraction douanière

Paul Dolianki est placé pendant presque trois jours en garde à vue, garde à vue menée par l'Office anti-stupéfiants, l'OFAST. "J’ai répondu à toutes les questions", assure le maire. Déferré, il a finalement été mis en examen pour "infraction douanière", mais pas pour trafic de stupéfiant comme l'avait requis le parquet. Il a également été laissé libre le temps de l'instruction.

Son avocat "ne doute pas qu’il bénéficiera d’un non-lieu à la fin de cette instruction". Alors que les trafics de cocaïne sont nombreux en Guyane, le maire se désole d'y avoir contribué à son insu. "Cette histoire m’a choqué, je lutte contre la cocaïne", martèle Paul Dolianki. "Dans ma commune, nous embauchons les jeunes pour faire en sorte qu'ils ne tombent pas dans la cocaïne. Je n’aimerais pas que d’autres Guyanais tombent dans le même piège."

https://twitter.com/justinecj Justine Chevalier Journaliste police-justice BFMTV