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Arche de Zoé : Breteau et Lelouch condamnés à deux ans ferme

Alain Peligat, Emilie Lelouch et Eric Breteau au Tchad en 2007

Alain Peligat, Emilie Lelouch et Eric Breteau au Tchad en 2007 - -

Le président de l'Arche de Zoé et sa compagne ont été condamnés mardi à deux ans de prison ferme et 100.000 euros d'amende. Le couple a décidé de faire appel.

Eric Breteau, président de l'association Arche de Zoé, et sa compagne Emilie Lelouch ont été condamnés mardi par le tribunal correctionnel de Paris à deux ans de prison ferme. Ils ont été reconnus coupables d'avoir tenté en 2007 d'exfiltrer depuis le Tchad et vers la France 103 enfants présentés comme des orphelins du Darfour.

Leur avocate a annoncé un peu plus tard que le couple ferait appel de la décision de justice.

Les quatre autres prévenus ont quant à eux été condamnés à six mois et un an de prison avec sursis. L'association a été condamnée à 100.000 euros d'amende et dissoute.

Alors qu'ils n'avaient pas assisté au procès, qui s'est tenu du 3 au 12 décembre devant le tribunal correctionnel de Paris, Eric Breteau et Emilie Lelouch se sont présentés mardi devant la justice pour le délibéré.

Immédiatement arrêtés par les gendarmes

Ils ont été arrêtés par les gendarmes en vertu du mandat d'arrêt qui avait été délivré à leur encontre par le tribunal, conformément aux réquisitions du parquet.

S'attendant semble-t-il à une telle décision, ils avaient préparé des sacs avec leurs effets personnels.

L'opération de L'Arche de Zoé avait été stoppée net le 25 octobre 2007, alors que l'association s'apprêtait à embarquer avec 103 enfants affublés de faux pansements dans un avion spécialement affrété à destination de la France.

Le "désir d'enfants" des familles d'accueil

Le couple et quatre autres bénévoles avaient été condamnés au Tchad à huit ans de travaux forcés pour tentative d'enlèvement d'enfants, peine commuée en années de prison en France, avant d'être grâciés par le président Idriss Déby à la fin mars 2008.

Accusés d'avoir joué sur le "désir d'enfants" de familles d'accueil recrutées sur des forums de discussion sur l'adoption, ils disaient vouloir sauver des orphelins du Darfour. Mais, selon plusieurs ONG, les enfants étaient pour la plupart tchadiens et avaient au moins un parent en vie.

Si, lors des réunions avant l'opération, il avait bien été précisé aux familles qu'il ne s'agissait pas dans un premier temps d'adopter les enfants, l'accusation avait estimé que la rhétorique utilisée évoquait bien cette perspective.