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Antibes: Paul Barril, ex du GIGN, était dans "un état de délire"

Paul Barril, numéro deux de la cellule anti-terroriste de l'Elysée aux moments des faits, le 16 février 2005 au le tribunal correctionnel de Paris, lors du procès des écoutes de l'Elysée.

Paul Barril, numéro deux de la cellule anti-terroriste de l'Elysée aux moments des faits, le 16 février 2005 au le tribunal correctionnel de Paris, lors du procès des écoutes de l'Elysée. - -

L'ancien capitaine de gendarmerie Paul Barril s'était retranché armé à son domicile. Il avait participé à la création du GIGN en 1974 et avait récemment confié être atteint de la maladie de Parkinson. Son avocate parle d'"un enchaînement malheureux".

Le GIPN est intervenu lundi matin au Cap d'Antibes dans l'appartement de l'ancien gendarme d'élite Paul Barril, atteint de la maladie de Parkinson, retranché en "état de délire". Les faits se sont produits dans une petite résidence où Paul Barril, 68 ans, se trouvait en compagnie de son épouse et de sa belle-mère.

Celle-ci a affirmé avoir alerté les pompiers vers 4h15 lorsque son gendre s'est retrouvé isolé dans une pièce en sous-sol, dans "un état de délire", ont expliqué les gendarmes et la police lors d'une conférence de presse commune. Elle a également fait part aux pompiers de "la tendance suicidaire" de Paul Barril et de la présence d'armes dans l'appartement, ce qui a conduit les pompiers à saisir la police.

Une quinzaine d'hommes du GIPN se sont alors rendus sur place, évacuant les voisins et entamant les négociations avec l'ancien capitaine de gendarmerie "qui a demandé à parler à un gendarme", selon le directeur départemental de la sécurité publique Marcel Authier.

Jamais "menaçant"

"Le fait qu'une personne se retranche dans un état de délire nous suffit pour intervenir. Mais au vu de sa personnalité et de son expertise, nous avons pris encore plus de précautions", a-t-il souligné.

"A aucun moment, il ne s'est montré menaçant. Nous n'avons jamais perdu le fil avec lui", a cependant détaillé de son côté Gaël Marchand, commandant du groupement des Alpes-Maritimes.

Après 1 heure 30 de négociations, les hommes du GIPN ont pu pénétrer dans l'appartement, suivi de Gaël Marchand et de l'épouse de Paul Barril. "Nous l'avons trouvé très affaibli, allongé sur le sol, il a tout de suite été pris en charge par le SAMU et les pompiers, puis hospitalisé vers 9 heures. Nous lui avons plus porté secours que maîtrisé", a encore expliqué le patron de la DDSP des Alpes-Maritimes. Un fusil de chasse a par ailleurs été trouvé dans l'appartement.

"Un enchaînement malheureux"

"Les choses se sont terminées naturellement, tout va bien", s'est félicitée l'avocate de Paul Barril, Sophie Jonquet, expliquant à l'AFP que "la présence d'armes" constatée par les pompiers, avait "déclenché une espèce de 'tsunami policier'". "C'est un enchaînement malheureux", a-t-elle conclu.

Atteint de la maladie de Parkinson, Paul Barril avait confié à l'AFP en mars être placé sous traitement médical lourd. "Je ne me laisserai pas mettre sur une chaise roulante, j'arrêterai la machine avant", avait-il affirmé.

Son nom est directement associé à celui du GIGN (Groupement d'intervention de la gendarmerie nationale), qu'il avait co-fondé en 1974 et dont il fut le numéro 2 derrière Christian Prouteau, avant d'en prendre la direction en 1982, remplaçant Prouteau.

V.R. et A. D. avec AFP