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Amiante à Renault Trucks: les ex-salariés veulent la reconnaissance de leur "préjudice d'anxiété"

Une audience à huis clos est prévue ce mardi au tribunal des prud'hommes de Lyon. Parmi les plaignants, Jean-Pierre Haudoux a travaillé plus de 40 ans pour le constructeur poids-lourds.

Comme de nombreux anciens salariés de Renault Trucks à Vénissieux, Jean-Pierre Audoux a l'impression de vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de sa tête. Pendant plusieurs années, il a été exposé à l'amiante au cours de sa carrière professionnelle.

"Je fais un suivi tous les cinq ans avec un scanner pour voir si je n'ai rien développé. Pour le moment, ça va, mais à chaque fois que le scanner approche, on a l'angoisse qui est là", confie à BFM Lyon cet ancien dessinateur de projet, aujourd'hui à la retraite.

1400 ex-salariés

Il fait partie des plaignants dont le dossier est soumis ce mardi par le conseil des prud'hommes de Lyon. Lors de cette audience, d'abord prévue au printemps puis reportée en raison de la crise du Covid-19, 200 dossiers préparés avec l'association "Prévenir et réparer" vont être être étudiés. Par ailleurs, une deuxième audience concernant 1200 autres dossiers a également été reportée au mois de novembre.

Selon l'association "Prévenir et réparer", une vingtaine d'ex-salariés de Renault trucks ont succombé à des cancers.

"On est là aussi pour leur mémoire, car ils sont décédés, certains jeunes, à moins de 40 ans", explique Jean-Pierre Audoux. "Ça fait mal."

De l'amiante découpée à côté de lui

Lui a débuté dans l'entreprise en 1965. Il a passé 42 ans de carrière, notamment six ans sur le site de Saint-Priest et de nombreuses heures dans les ateliers de Vénissieux. De l'amiante était régulièrement coupée à côté de lui, "les postes étaient nettoyées à la soufflette", raconte-t-il.

"J'ai passé 20% à 25% de mon temps dans ces ateliers", calcule l'ancien dessinateur de projet qui l'assure: "Personne n'était prévenu des risques encourus".

Aujourd'hui, Jean-Pierre Audoux souhaite que le constructeurs poids-lourds reconnaissent enfin sa responsabilité dans la mise en danger des employés.

Benjamin Rieth Journaliste BFM Régions