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Agression homophobe à Lille: 12 mois de prison requis

La façade du Vice & Versa, bar gay lillois situé dans le Vieux-Lille où a eu lieu l'agression.

La façade du Vice & Versa, bar gay lillois situé dans le Vieux-Lille où a eu lieu l'agression. - -

Le parquet de Lille a requis 12 mois de rison dont six avec sursis, à l'encontre de trois hommes accusés d'avoir frappé trois employés d'un bar homosexuel.

Le procès de trois hommes, soupçonnés d'avoir frappé trois employés d'un bar gay à Lille, a débouché mercredi sur la réquisition du parquet, qui a réclamé 12 mois de prison dont six avec sursis à l'encontre des trois accusés. La décision a été mise en délibéré au 27 novembre. Le procès, qui se déroule au tribunal correctionnel de Lille, avait déjà connu trois reports.

Les trois prévenus, âgés de 18 à 25 ans, sont soupçonnés d'avoir frappé au soir du 17 avril le patron du Vice & Versa, un bar homosexuel du Vieux-Lille, son associé et un serveur, mais aussi proféré des insultes à caractère homophobe et endommagé le mobilier du bar et la vitrine de celui-ci. Des faits qui s'étaient déroulés en plein débat sur le mariage pour tous.

La défense avait nié le caractère homophobe de l'agression

La défense espèrait que le contexte politique, moins tendu qu'à l'époque des faits, permette un certain recul sur le dossier.

"Aujourd'hui seulement on peut s'expliquer de manière posée, de manière sereine, de manière neutre", avait estimé avant le procès Maître Jérémy Cateau, l'avocat d'un des trois prévenus. "Le bar n'a pas été saccagé. Il y a un simple bris de vitre, aucune ITT(incapacité temporaire de travail, ndlr)."

L'avocat avait par ailleurs contesté le caractère homophobe de l'agression et appelé à l'apaisement autour d'une histoire selon lui grossie par les médias.

Plusieurs associations portées parties civiles

Plusieurs associations de défense des homosexuels s'étaient portées parties civiles, comme LGP Lille (Lesbian & Gay Pride) ou le Sneg & Co, syndicat national des entreprises gaies.

"Le contexte des manifestations contre le mariage pour tous d'alors ne peut justifier des actes de violences contre des établissements recevant un public homosexuel, (...) compte-tenu de l'ambiance anxiogène que ces actes de violences et injures homophobes développent", avait déclaré le Sneg dans un communiqué.

M.K. avec AFP