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Agression filmée d'une adolescente à Reims: qu'est ce que le happy slapping?

Le happy slapping, une forme de cyberharcèlement qui consiste à filmer une agression et à diffuser la vidéo sur les réseaux sociaux, est apparue à la fin des années 2000.

Mardi, des images de l'agression d'une adolescente de 14 ans devant son collège, à Reims, circulaient librement sur les réseaux sociaux, provoquant de vives réactions des internautes. Dans cette séquence d'une quarantaine de secondes, la jeune femme est rouée de coups par un autre adolescent. L'auteur présumé de l'agression, ainsi que l'individu soupçonné d'avoir mis en ligne la vidéo, ont depuis été placés en garde à vue.

Cette pratique qui consiste à filmer une agression avant de la diffuser sur les réseaux sociaux s'appelle le "happy slapping", traduite par "vidéo-agression" en français. Elle s'est développée à la fin des années 2000, avec la démocratisation des smartphones et l'apparition des réseaux sociaux.

Depuis 2007, elle est sanctionnée comme un "acte de complicité des atteintes volontaires à l'intégrité de la personne", dans le Code pénal. L'auteur d'une vidéo de ce genre est passible d'une peine de cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

"C'est si humiliant"

Treize ans plus tard, le phénomène n'a pas disparu. En mai 2019 par exemple, deux filles de 16 et 17 ans avaient ainsi frappé une adolescente au sol puis diffusé la vidéo sur Snapchat.

En 2012, Romain, 11 ans, avait été violemment agressé et son lynchage diffusé sur Facebook. Sur BFMTV, sa mère, Angèle Martin, témoigne de l'humiliation ressentie par son fils alors que la vidéo de l'agression avait fait le tour des portables de ses camarades de classe.

"C'est si humiliant pour celui qui est au sol", raconte-elle. "Il ne peut rien faire. Il est seul et en face ils sont dix ou quinze." Aujourd'hui, elle se souvient "des cauchemars à répétition", de son fils, de "la phobie scolaire" et puis le "couteau qu’il se plante dans le ventre au cours d’un dîner." 

L'importance d'une éducation au numérique

Selon Justine Atlan, directrice générale de l'association e-Enfance, le happy slapping ne peut être éradiqué qu'à condition de sensibiliser au maximum les jeunes et de les éduquer aux médias. "Depuis dix ans, on a beaucoup développé l'éducation au numérique dans les établissements scolaires", salue-t-elle. "Les enfants sont désormais conscients du droit à l'image par exemple."

Si vous êtes face à une scène de happy slapping, la police nationale recommande d’appeler immédiatement le 17 ou le 112, et de prévenir d’autres personnes (adultes, police...). Ils conseillent également aux personnes découvrant la vidéo derrière leur écran, de la signaler sur la plateforme Pharos.

Cyrielle Cabot Journaliste BFMTV