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Affaire Zecler: un message moquant la mort de George Floyd retrouvé sur le téléphone d'un policier mis en examen

Images de vidéosurveillance dans le studio d'enregistrement de Michel Zecler.

Images de vidéosurveillance dans le studio d'enregistrement de Michel Zecler. - Michel Zecler / GS Group / AFP

Quatre policiers sont mis en examen pour avoir roué de coups et insulté un producteur de musique, sur fond de racisme. Des messages équivoques ont été retrouvés sur le téléphone de l'un d'entre eux.

Michel Zecler dénonce une agression liée à sa couleur de peau, les policiers nient toute forme de racisme. Mais des SMS retrouvés sur le téléphone de l'un des mis en cause pourraient ternir leur défense, selon des éléments révélés ce jeudi par l’émission "Envoyé spécial" de France 2.

Depuis la fin du mois de novembre 2020, quatre policiers sont sous le coup d'une enquête judiciaire, soupçonnés d'avoir passé à tabac le producteur de musique, Michel Zecler, dans l'entrée de son studio de musique du XVIIe arrondissement de Paris. Pour ces faits, enregistrés par le système de vidéosurveillance du local ainsi que par des voisins, trois d'entre eux ont été mis en examen pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique", avec plusieurs circonstances aggravantes dont celle de racisme.

"Dans la police, nos idées changent"

Dans le cadre de leurs investigations, les enquêteurs ont découvert sur le téléphone de l'un d'entre eux une photo de l'agonie de George Floyd, cet Afro-américain étouffé à mort par le genou d'un policier lors d'une interpellation. Cette image glaçante a été détournée et envoyée dans un groupe de discussion privée avec la légende: "Quand tu dégonfles ton matelas en fin de soirée", rapporte "Envoyé spécial".

George Floyd maintenu à terre par l'officier Derek Chauvin.
George Floyd maintenu à terre par l'officier Derek Chauvin. © DARNELLA FRAZIER / FACEBOOK/DARNELLA FRAZIER / AFP

Dans ce même téléphone, le policier mis en cause échange avec une proche, confiant être "dégoûté que tous ces bâtards soient acceptés en France et que l'on [fasse] rien (...) C'est pas du racisme mais tous les bâtards qui foutent la merde ce sont tous les mêmes…", lui écrit-il. Interrogé par nos confrères de France 2 quant à la teneur de ces messages, l'homme explique "dans la police, nos idées changent, parce qu'on est amené à interpeller toujours le même type de population".

Il se défend cependant de tout racisme, notamment à l'égard de Michel Zecler dont il "ne pouvait pas voir qu'il était noir dans la nuit" et parce qu'il portait une capuche. Le producteur de musique a, selon lui, été contrôlé "parce qu'il fuyait le véhicule de police quand il nous a vus" et qu'il ne portait "pas de masque".

Insultes racistes

Une version diamétralement opposée à celle de la victime qui affirme, outre les coups, avoir essuyé de vives insultes, donnant une tonalité raciste à cette agression.

"Ils sont entrés chez moi, dans un lieu privé, ils m’ont tabassé, insulté, c’est violent (...) Quand vous avez des personnes qui vous agressent, en disant 'ta gueule sale nègre', je me demande où je suis…", a-t-il raconté le 30 novembre dernier dans une interview accordée au quotidien France-Antilles

Jusqu'à la révélation de cette affaire, les policiers mis en cause accumulaient les éloges. Dans leurs dernières évaluations faites par le corps d'encadrement de la police nationale, ils étaient décrits comme de "bons" voire "excellents" éléments, sans "aucun incident particulier" sur leur CV, avait ajouté procureur de la République de Paris.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV