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Affaire Mia: ce que l'on sait de l'inquiétant profil de la mère de famille disparue avec sa fille

Sensible aux thèses complotistes, Lola Montemaggi a tenté de déscolariser sa fille l'année dernière, ce qui avait suscité l'inquiétude de ses proches. Depuis janvier, elle ne répondait plus aux services sociaux.

Voilà trois jours que Lola Montemaggi, la mère de la petite Mia, est introuvable. Âgée de 28 ans, elle n'a plus donné de signe de vie depuis l'enlèvement de sa fille dans les Vosges mardi. Quatre hommes, dont trois sont suspectés d'être les ravisseurs, se trouvent toujours en garde à vue. Voilà ce que l'on sait, à l'heure actuelle, du profil de la mère de famille.

Anti-système

La mère de Mia vit en rupture avec le système qu'elle rejette. Sur son profil Facebook, elle partage régulièrement des publications anti-vaccins, anti-5G et relaie de fausses informations sur "le nouvel ordre mondial" ou sur une recommandation de l'OMS qui prônerait "la masturbation pour les enfants".

Selon nos informations, elle a tenté de déscolariser sa fille et de lui faire l'école à la maison, mais cette autorisation lui a été refusée. En décembre 2020, un membre de sa famille a signalé sa situation aux services sociaux, inquiet pour le devenir de l'enfant. Ces derniers ont aussitôt prévenu le parquet d'Épinal.

Selon ce proche, Mia était confrontée "à la violence de sa mère à l'endroit de son conjoint, à ses propos suicidaires et à son refus de sa scolarisation malgré le rejet d'une demande d'instruction à domicile", a expliqué le procureur de la République d'Epinal Nicolas Heitz lors d'une conférence de presse.

"Une posture préoccupante"

Sur décision de justice du 11 janvier, la fillette a été confiée à sa grand-mère maternelle, jugée digne de confiance par un juge des enfants.

"Madame Montemaggi a adopté devant le juge une posture préoccupante: elle disait être malade, ne pas souhaiter que l'on s'immisce dans sa vie ni celle de sa fille, en arguant une position de rejet de la vie en société", a ajouté le magistrat.

Mia avait alors été confiée le 13 janvier à sa grand-mère "en qualité de tiers digne de confiance", par décision du juge des enfants d'Épinal. Lola Montemaggi n'avait alors plus le droit de voir sa fille seule.

La mère de famille avait par ailleurs indiqué vouloir vider son appartement, vendre ses meubles avec pour projet de partir en camping-car avec sa fille, dans le but de passer "en dessous des radars de la société". Elle ne répondait plus depuis janvier aux convocations des services de la protection judiciaire de la jeunesse, ni même à celles du juge des enfants.

"Injustement séparée" de sa fille

Lola Montemaggi semble avoir très mal vécu la séparation avec son enfant et s'est alors rapprochée d'un mouvement complotiste et anarchiste duquel font partie les hommes actuellement en garde à vue. Elle leur a demandé de l'aider dans son projet de fuite à l'étranger avec sa fille. 

"Lola Montemaggi les sollicitait via internet pour récupérer sa fille dont elle s'estimait injustement séparée dans le but de partir à l'étranger", a précisé Nicolas Heitz.

En garde à vue, selon nos informations, l'un des hommes a expliqué qu'ils ont fait passer des tests à la maman pour s'assurer qu'elle était "dans la capacité de garder son enfant", notamment qu'elle ne prenait pas de drogues. C'est après cette "évaluation" qu'ils ont accepté de passer à l'action pour elle et de lui venir en aide. C'est aussi pour cela qu'ils se disent, pour certains, convaincus du bien-fondé de leur action.

Selon le procureur d'Epinal, les ravisseurs ont remis l’enfant à sa mère "environ 20 minutes plus tard". Mia et sa mère pourraient depuis avoir quitté le territoire national. "Des diffusions internationales ont été réalisées pour faciliter leur localisation et leur appréhension", a ajouté le magistrat.

Par Alexandra Gonzalez et Esther Paolini