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Affaire Grégory: le procureur de Dijon menacé de mort par un corbeau

Jean-Jacques Bosc

Jean-Jacques Bosc - PHILIPPE DESMAZES / AFP

Le procureur général de Dijon a reçu une lettre anonyme en août dernier.

Nouveau rebondissement dans l’affaire du petit Grégory. Le procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc, en charge du dossier, a reçu le 11 août dernier une lettre anonyme, écrite avec un normographe, comportant des menaces de mort à son encontre.

"On paie à rien faire des gens come toi tu prend la meme direction que le pti juge Lambert. Y a un sac qui t'attend", peut-on lire en lettres capitales.

L’auteur de la lettre fait référence au suicide en juin dernier du juge d’instruction chargé de l’affaire Grégory entre 1984 et 1987. Il avait été retrouvé sans vie à son domicile dans la Sarthe, avec un sac plastique sur la tête.

"Tu sauras jamais pour le petit. Occupe-toi du journaliste qui est responsable de l'enregistrement de la rousse", écrit encore le corbeau, faisant allusion au rôle jouer par un journaliste après les déclarations de Murielle Bolle en 1984. Elle avait alors accusé son beau-frère, Bernard Laroche, cousin du père de Grégory, d’avoir enlevé le garçon de 4 ans.

Un profil ADN identifié

Cette lettre "n'a aucune incidence sur le développement du dossier" et "il ne faut pas lui donner une importance qu'elle n'a pas", a tempéré Jean-Jacques Bosc, reconnaissant toutefois qu'elle témoigne d'un "climat un peu pesant" dans cette affaire.

Un profil ADN a été identifié sur la lettre de menace de mort. Celui-ci ne correspond à aucun protagoniste de l'enquête. L'affaire de l'assassinat de Grégory Villemin demeure une énigme depuis que le petit garçon de 4 ans a été retrouvé, pieds et poins liés, dans les eaux de la Vologne en 1984.

Les époux Jacob toujours suspectés

Cinq mois auparavant, l'arrestation suivie de la mise en examen de Marcel et et Jacqueline Jacob, dont Grégory était le petit-neveu, avait relancé l'affaire. Les deux septuagénaires sont soupçonnés d'avoir été "les corbeaux" auteurs de plusieurs lettres anonymes, très bien renseignées, et d'être impliqués dans le rapt et la mort de Grégory, dans le cadre d'un "acte collectif" qu'ils contestent.

Fin novembre, Jacqueline Jacob a été autorisée à rentrer chez elle mais ne peut pas entrer en contact avec son mari. Lundi, Marcel Jacob a été entendu à son tour par la juge d'instruction qui instruit l'affaire à Dijon. Il a invoqué deux nouveaux témoins pour renforcer son alibi selon lequel il était au travail lorsque le petit Grégory a disparu le 16 octobre 1984.

P.L