BFMTV

Affaire Gabriel: une information judiciaire ouverte un an après l'arrestation violente de l'adolescent à Bondy

BFMTV

Un juge d'instruction va enquêter sur les conditions de cette interpellation alors que le jeune homme de 14 ans tentait de voler un scooter avec un ami dans la nuit du 25 au 26 mai 2020, pendant le confinement.

Une information judiciaire a été ouverte pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique", près d'un an après l'interpellation par la police de Gabriel, alors âgé de 14 ans, gravement blessé à l'œil à Bondy (Seine-Saint-Denis), a appris ce jeudi l'Agence France-Presse (AFP) auprès du parquet et de l'avocat de la famille.

Un juge d'instruction va enquêter sur les conditions de cette interpellation alors que l'asdolescent tentait de voler un scooter avec un ami dans la nuit du 25 au 26 mai 2020, pendant le confinement.

L'information judiciaire a été ouverte le 19 avril "contre X du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique ayant entraîné une ITT (incapacité totale de travail) supérieure à huit jours", a précisé le parquet de Bobigny.

Deux plaintes déposées

Deux plaintes avaient été déposées par la mère de l'adolescent: l'une auprès de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) le 27 mai 2020, l'autre le 2 juin auprès du parquet de Bobigny pour "violences aggravées".

Souffrant notamment d'une fracture maxillaire étendue à l'os de l'œil gauche, son fils avait été opéré à l'hôpital Necker à Paris afin de ne pas perdre la vue.

Le garçon a cru qu'il allait "mourir en garde à vue", rapporte son certificat médical.

Selon la version de la police, l'adolescent a fui à la vue des forces de l'ordre avant de faire une chute et de résister à son arrestation.

"Trois ou quatre coups de pied"

Cette version est contestée par Gabriel qui, dans sa plainte consultée par l'AFP, raconte avoir subi des violences de la part de quatre fonctionnaires. Alors qu'il était maîtrisé au sol, un policier s'était placé devant son visage pour lui asséner "trois ou quatre coups de pied avec la pointe de sa chaussure", tout en le traitant de "connard", selon son récit.

Au commissariat il avait été pris de vomissements et les pompiers n'avaient été sollicités que "plus d'une heure plus tard", dénonce également cette plainte.

"Les éléments qui ont été recueillis sont suffisamment troublants et accablants à l'encontre des policiers pour justifier l'ouverture de cette information judiciaire", a déclaré à l'AFP Me Stéphane Gas, l'avocat de la famille de Gabriel.

L'affaire avait suscité un vive émoi qui s'était traduit par un rassemblement en soutien au garçon et par l'ouverture d'une enquête par le Défenseur des droits Jacques Toubon.

L'attaquant star du PSG Kylian Mbappé avait demandé "justice pour Gabriel" dans un message sur son compte Instagram. "Qu'elles soient d'ici ou d'ailleurs, violences policières, même combat", avait écrit l'international tricolore, originaire de Bondy.

F.B. avec AFP