BFMTV

Accident de Tel Aviv: les deux Français doivent-ils être jugés en Israël ?

-

- - -

L'affaire est en train de devenir un véritable scandale en Israël. Après avoir accidentellement renversé et tué une jeune israélienne à Tel Aviv en septembre, deux Français ont pris la fuite. Actuellement en région parisienne, ils demandent à être jugés en France. Mais la rue israélienne fait pression.

Un drame de la route qui se transforme en affaire diplomatique. Le 16 septembre dernier, deux Français de 38 et 40 ans renversent et tuent sur le coup une jeune israélienne, Lee Zétouni, alors qu'ils rentrent d'une discothèque de Tel Aviv. Ils auraient brûlé un feu rouge à bord de leur 4X4. Le choc, qui a lieu sur un passage piéton, est très violent. On retrouvera la victime à une vingtaine de mètres de l'impact. Pris de panique, les deux hommes quittent immédiatement les lieux sans tenter de porter secours à la professeur de gymnastique. Ils retournent dans leur appartement, font leurs affaires et prennent le premier vol pour Paris. D'après la mère de la victime, ils étaient tellement pressés qu'ils auraient confié leur bébé à une nourrice israélienne.

«Après leur crime odieux, ces deux hommes se sont enfuis»

Rapidement, l'affaire prend une ampleur considérable en Israël: manifestations avec les portraits des deux hommes, appels sur Internet à les arrêter, menaces de mort... « Le peuple d'Israël attend du gouvernement français qu'il arrête et livre ces criminels pour qu'ils soient jugés ici », résume Roye Peled, le fiancé de la jeune fille, sur RMC. « Après leur crime odieux, ces deux hommes se sont enfuis dans un endroit où ils savaient qu'ils seraient en sécurité. Un Etat ne doit pas devenir un refuge pour les criminels, ça pourrait être très dangereux pour l'avenir ». Du côté des auteurs, qui se trouvent actuellement en région parisienne, on reconnait les faits mais on fait savoir qu'il n'est pas question de rentrer en Israël. « Je peux vous dire que je suis plus que favorable au fait qu'ils soient en France et qu'ils soient protégés par la non-extradition », confie à RMC l'une de leurs avocats, Me François Cotta.

«Ils ne regrettent pas d'avoir quitté Israël»

« Parce que ça prend des proportions qui font qu'en Israël, c'est évident qu'ils ne bénéficieraient d'aucune des garanties de la défense. Ils sont menacés de mort tous les jours, on les traite d'assassins, il y a quasiment un appel au meurtre... Comment voulez-vous qu'ils envisagent aujourd'hui faire confiance à la justice en Israël. Ils ne regrettent pas d'avoir quitté Israël et je crois qu'ils ont raison ». La situation est donc pour l'heure dans l'impasse. Car d'un côté, la loi française ne permet pas l'extradition de ses ressortissants. Et de l'autre, pour qu'un procès en France soit possible, il faudrait que les autorités israéliennes procèdent à une « dénonciation officielle aux fins de poursuite », signifiant qu'elles se dessaisissent du dossier. Ce qui actuellement semble hors de question. En début de semaine, Carla Bruni-Sarkozy a écrit une lettre de soutien à la famille de la victime.