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Abus sexuels: quatre plaintes contre le directeur d'une école d'ostéopathie

Un cabinet d'ostéopathie, à Paris, en avril 2016 (PHOTO D'ILLUSTRATION).

Un cabinet d'ostéopathie, à Paris, en avril 2016 (PHOTO D'ILLUSTRATION). - FRANCK FIFE / AFP

Marc Bozzetto, 80 ans, est accusé par plusieurs femmes d'agressions sexuelles et de viols. Lui nie les faits, déclarant: "si toutes les femmes qu'on travaille sur le bassin portent plainte, on ne s'en sort plus."

Marc Bozzetto, pionnier de l'enseignement de l'ostéopathie en France et directeur d'une école réputée à Valbonne sur la Côte d'Azur, est visé par quatre plaintes pour agressions sexuelles ou viols qui ont conduit à l'ouverture d'une instruction judiciaire.

Des gestes déplacés "à des endroits qu'on n'a pas envie de mettre à nu"

"Quatre victimes sont visées par le réquisitoire introductif", a indiqué le parquet de Grasse en précisant que Marc Bozzetto avait déjà été placé en garde à vue depuis le début de la procédure, révélée en 2018 par France 3 Côte d'Azur et dans laquelle le quotidien Nice-Matin a recensé de son côté six plaintes et publié mardi le témoignage d'une septième victime présumée.

"Je prends acte qu'une information judiciaire est ouverte. A ce jour, il n'a été ni convoqué ni mis en examen", a réagi Me Karine Benadava, l'avocate de l'octogénaire.

"On espère maintenant que l'enquête va évoluer rapidement", a commenté Me Julien Darras, avocat d'une trentenaire qui reproche des faits pouvant recevoir la qualification de viol datant de 2013 quand elle était étudiante. Il représente aussi une dame de 57 ans, reprochant au mis en cause des faits d'agressions lors d'une consultation en 2016.

Dans le premier reportage de France 3, diffusé en février, Marc Bozzetto était accusé par deux jeunes femmes témoignant de manière anonyme. Elles affirmaient que le praticien avait eu des propos et des gestes déplacés "à des endroits qu'on n'a pas envie de mettre à nu".

L'ostéopathe "furieux"

"C'est un ressenti normal de la femme, mais si toutes les femmes qu'on travaille sur le bassin portent plainte, on ne s'en sort plus et il faut arrêter le métier d'ostéopathe pelvien", répondait devant la caméra le directeur qui, dans une autre interview, s'était déclaré "furieux" et incapable de comprendre la réaction de ces deux étudiantes en fin de cursus.

Niant toute agression sexuelle, il avait pris une avocate pour défendre sa réputation et son école. Cette dernière, qui ne le représente plus aujourd'hui, avait alors insisté sur le contexte des allégations, "des consultations d'ostéopathie gynécologique [ou pelvienne] que des étudiantes avaient sollicitées" et une "possible instrumentalisation de ces allégations par un ancien cadre de l'établissement, licencié en mars 2017, contre lequel Marc Bozzetto a lancé une action pour concurrence déloyale et vol de fichiers".

L'école Atman, qui forme environ 300 élèves en cinq ans, se présente comme le premier campus d'ostéopathie holistique de France. Basée dans la technopole de Sophia Antipolis, elle a été créée en 1980 par le mis en cause, à une époque où les ostéopathes étaient considérés comme des charlatans par le corps médical.

Par E.P avec AFP