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A1 bloquée par les gens du voyage: la préfète justifie son choix de ne pas intervenir

Le blocage sur l'A1, à Roye, samedi matin.

Le blocage sur l'A1, à Roye, samedi matin. - Philippe Huguen - AFP

Samedi, les forces de l'ordre ne sont pas intervenues pour déloger les manifestants qui bloquaient l'A1 et qui l'ont laissée dans un état très dégradé. Explications.

L'opposition réclame des sanctions après l'action spectaculaire de gens du voyage ce week-end sur l'autoroute A1, l'une des plus fréquentées d'Europe. Une centaine d'entre eux sont arrivés dès vendredi soir pour ériger des barrages, brûlant la chaussée avec des pneus et des palettes, puis avec des poubelles et des arbres, qu'ils tronçonnaient le long de la route. 

Interrogée par RTL, la préfète de Picardie Nicole Klein explique lundi pourquoi les forces de l'ordre n'ont pas délogé les manifestants.

"Nous avions les forces pour intervenir, mais je savais que si nous le faisions, ça pouvait déclencher des incidents d'une très grande gravité. J'ai donc choisi de ne pas intervenir. Il faut penser à la sécurité des personnes en priorité."

Dans les colonnes du Figaro, elle précise sa pensée: "Je peux comprendre l'exaspération des automobilistes, mais il n'y avait pas de vie en danger. (...) Une intervention aurait pu donner lieu à des débordements et mettre en danger une population endeuillée", à Roye.

"Il y a une plainte et il y aura des poursuites"

Les manifestants voulaient contraindre les autorités à accepter que le fils d'une des victimes de la fusillade de mardi dernier, actuellement incarcéré à la maison d'arrêt d'Amiens pour trafic de voitures, puisse assister aux obsèques de son père, qui se déroulent ce lundi. Samedi, la cour d'appel d'Amiens a autorisé le détenu à s'y rendre sous escorte policière, mettant fin aux blocages sur l'autoroute.

La circulation n'a toutefois pu reprendre que dans la soirée, notamment à cause des dégâts sur la chaussée. "Les gens du voyage ne sont pas hors des lois, donc il y a une plainte, et il y aura des poursuites judiciaires. Mais ce week-end, le problème qui se posait était l'ordre public et la sécurité des personnes", conclut la préfète.

Selon nos informations, plus d'un millier de personnes sont attendues pour la cérémonie des obsèques, qui aura lieu sous très haute surveillance. 

A. G.