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A1: le barrage est levé, mais la circulation n'a pas encore repris

La communauté, en deuil depuis la fusillade vendredi à Roye, réclamait que le fils d'une des victimes, incarcéré pour d'autres faits, puisse assister aux funérailles sous escorte policière.

MISE A JOUR 11h15 : La justice autorise le détenu à assister aux obsèques de son père, lundi prochain. Les gens du voyage qui bloquaient l'A1 lèvent le barrage. La circulation ne reprendra normalement qu'en début d'après-midi.

Malgré des renforts de gendarmes sur l'autoroute A1 bloquée dans les deux sens au niveau de Roye, dans la Somme, par une manifestation de gens du voyage dans la nuit de vendredi à samedi, les forces de l'ordre avouaient à demi-mot leur impuissance face à une situation qui semblait leur échapper. "C'est vrai, il y a du désordre", admet un gendarme aux avant-postes.

Cette manifestation qui rassemble plusieurs centaines de personnes survient quatre jours après qu'une fusillade a éclaté dans un camp voisin, faisant quatre morts et trois blessés. Les manifestants réclament aux autorités qu'elles acceptent que le fils d'une des victimes de la fusillade, actuellement incarcéré à la maison d'arrêt d'Amiens pour d'autres faits, puisse assister aux funérailles de son père, sous escorte policière.

Arbres arrachés, touristes médusés

Outre des feux de pneus et de palettes bloquant totalement la circulation dans les deux sens de l'une des autoroutes les plus fréquentées d'Europe, les manifestants, munis de tronçonneuses, n'hésitaient pas à couper des arbres environnants pour alimenter d'autres feux, notamment sur un rond point situé près d'un camp de gens du voyage, sous le regard médusé de touristes, parfois bloqués depuis des heures dans leur voiture.

"Vers 21h30, nous avons été bloqués avant Roye. Il y avait beaucoup de familles autour et des étrangers rentrant chez eux: Belges, Britanniques et Hollandais", a indiqué un automobiliste, rentrant de Paris et immobilisé dans son véhicule avec son épouse en cette veille de week-end de retour de vacances. Les déviations mises en place ont certes pu désengorger le trafic mais Bison Futé comptabilisait à 2h45 encore 5 kilomètres de bouchons en direction de Lille et 1 km dans le sens de Paris.

Du fait des déviations, une grande partie du réseau secondaire était également saturé, selon un photographe de l'AFP, laissant de nombreux touristes livrés à eux-mêmes en pleine campagne. "Le but est de contenir les manifestants sur l'autoroute et au niveau du rond-point", a confié un porte-parole de la préfecture de la Somme qui assure que les effectifs de police ont été renforcés, "notamment par des renforts venant d'autres départements".

Décision dans la journée au tribunal

Agé de 73 ans, l'auteur présumé de la fusillade était sous l'emprise de l'alcool lorsqu'il a fait feu, tuant trois membres d'une même famille, une jeune femme de 19 ans, sa fille de neuf mois et son beau-père, ainsi qu'un gendarme de 44 ans. L'auteur présumé de la fusillade a été mis en examen pour assassinat et tentative d'assassinat, et écroué, a indiqué vendredi le procureur d'Amiens. Grièvement blessé, il a été transféré dans une maison d'arrêt où il pourra continuer à recevoir des soins, a précisé le magistrat.

La décision de libération du fils d'une des victimes "dépend des autorités judiciaires. La demande devrait passer demain au niveau du Tribunal de grande instance d'Amiens", a précisé la préfecture de la Somme. "Le but cette nuit n'est pas d'agir par la force, le directeur de cabinet de Madame la préfète, sur les lieux, essaye toujours de dialoguer", a-t-elle ajouté. Si la préfecture avait dans un premier temps considéré que la situation était "calme", elle préférait ensuite souligner qu'il "n'y avait pas eu de débordements autres que des arbres arrachés".

la rédaction avec AFP