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Egypte: la version arabe du Saturday Night Live suspendue pour "violation des normes morales"

L'équipe d'humoristes et animateurs de la version arabe du "Saturday Night Live"

L'équipe d'humoristes et animateurs de la version arabe du "Saturday Night Live" - SNL - ON E

Le programme télévisé, adaptation arabe de la célèbre émission américaine, est accusé de "violation des normes morales et professionnelles" par le Conseil suprême de régulation des médias égyptien.

La version arabe de l'émission américaine Saturday Night Live a été suspendue dimanche en Egypte. Une décision qui a été prise par le Conseil suprême de régulation des médias du pays, pour cause de "violation des normes morales et professionnelles", est-il indiqué sur le site internet officiel de cet organisme d'Etat.

"L'émission utilise constamment des termes, expressions et connotations sexuels qui ne sauraient être présentés aux téléspectateurs", précise le texte.

Célèbre émission américaine qui propose des sketches comiques interprétés par des célébrités, le SNL est adapté en arabe depuis 2016 et est diffusé chaque semaine par la chaîne privée égyptienne ON E. Mais ce programme télévisé n'est pas le premier à subir les foudres des autorités au nom de la morale.

Incitation à la débauche et outrage à la décence publique

Ce même organisme a eu raison en décembre 2017 d'une publicité de la société de téléphonie mobile Vodafone jugée contraire au "goût général" et mettant en scène la célèbre marionnette aussi comique que lubrique Abla Fahita.

Le même mois, un tribunal du Caire avait condamné la jeune chanteuse Shyma à deux ans de prison pour "incitation à la débauche" après son apparition dans un clip vidéo particulièrement suggestif. Sa peine avait ensuite été abaissée à un an en appel.

La justice égyptienne avait également condamné en novembre 2017 la présentatrice de télévision Doaa Salah à trois ans de prison pour "outrage à la décence publique" après une émission consacrée au droit des femmes à devenir mères hors mariage.

Nawal Bonnefoy avec AFP