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"Les Croods 2" de retour au cinéma avec une nouvelle aventure hilarante

Un des nouveaux personnages des "Croods 2"

Un des nouveaux personnages des "Croods 2" - Dreamworks

La famille préhistorique déjantée revient avec une nouvelle aventure hilarante à l’imagination débridée, en partie inspirée de "Charlie et la Chocolaterie".

Les histoires prennent souvent du temps à naître. Après huit ans d’attente, les nouvelles aventures des Croods sortent enfin au cinéma ce 7 juillet. Il aura fallu pour cela affronter une restructuration chez Dreamworks et une pandémie de coronavirus.

"Il y a quelques années, en avril 2016, Universal a fait l’acquisition de Dreamworks et plusieurs projets de films ont été mis sur pause. Quand ils ont pu reprendre leur travail, les réalisateurs d’origine étaient passés à autre chose et développaient d’autres films", raconte le producteur Mark Swift, qui a alors pris le relais sur le projet avec le scénariste Joel Crawford, qui signe ici son premier film. Trouver la bonne histoire pour ne pas décevoir les fans a été un véritable défi, tant le premier volet est devenu un véritable classique, souligne le réalisateur:

"Notre défi n’était pas juste de faire un autre film, mais de trouver une bonne histoire suffisante pour continuer la franchise. On avait beaucoup de pression sur les épaules. Quand on est arrivé sur le projet avec Mark, plusieurs équipes avant nous avaient déjà essayé sans succès de trouver la bonne histoire. Je crois qu’on a beaucoup bénéficié de ces tentatives, d’autant qu’on a choisi d’adopter une démarche de fans en se demandant quelle histoire on aurait envie de découvrir si on allait au cinéma voir ce film."

Trouver la bonne histoire

Après avoir vécu une vie de dangers et de catastrophes, les Croods découvrent derrière un immense mur une oasis où s’installer. Seul hic: une famille, les Bettermans, y vit déjà. "On s'est dit que la saga des Croods est une histoire de changement. On s’est demandé quel serait le prochain gros événement dans la vie des Croods et l’idée de la rencontre avec une autre famille s’est imposée", complète Joel Crawford.

Le film ne s’en tient évidemment pas là. On y retrouve l’humour potache et truffé de référence de nombreuses productions Dreamworks, comme Shrek ou Les Trolls. Joel Crawford, qui s’appuie en V.O. sur un casting vocal de ténors de l’humour US (Nicolas Cage, Leslie Mann, Ryan Reynolds), reconnaît avoir puisé son inspiration dans le cinéma comique contemporain de la bande à Judd Apatow (Frangins malgré eux, Supergrave, 21 Jump Street) et dans la grande tradition burlesque.

Une fois installés chez les Bettermans, les Croods rencontrent une tribu de féroces singes dont la principale caractéristique est qu’ils se parlent en langage des poings! Est-ce une métaphore de la manière dont les discussions à l'ère des réseaux sociaux? "Ces singes qui se frappent pour se parler, c’était une manière amusante d’explorer la manière dont on communique aujourd’hui et dont on cesse parfois de s’écouter", note Joel Crawford. "Les Croods comme les Bettermans ne voient que leur propre intérêt et ne tiennent pas compte de ce que ressentent les autres. Le film parle de ce qui se passe lorsque l’on blesse une autre communauté.”

Une imagination débridée

En huit ans, les techniques d’animation ont beaucoup évolué. Joel Crawford a pu bénéficier du savoir-faire de Dreamworks pour imaginer un monde préhistorique captivant: "On voulait que le public, en regardant le film, fasse la même expérience que les Croods, qu’il soit happé par ces couleurs chatoyantes et cette saturation de beauté. C’est ce qui nous a conduit à faire un film plus lumineux que le précédent." "Ce sont nos scènes Willy Wonka", précise Mark Swift en référence à Charlie et la Chocolaterie de Roald Dahl. "Les Croods 2 devait avoir l’air plus fantastique et plus attrayant que ce que nous avions fait précédemment, car l’action est censée se dérouler dans un paradis terrestre.”

Ils ont peuplé cet univers décalé de créatures surprenantes, comme un croisement inédit entre le loup et l’araignée, qui contre toute attente se révèle plus mignon qu’effrayant. "Ce qui est formidable avec ce monde, c’est qu’il n’y a aucune règle. Toutes les créatures peuvent exister. On a dit à notre équipe artistique, 'faites vous plaisir'. Pour chaque créature que vous voyez à l’écran, il y a une dizaine de créatures qu’on n’a pas réussi à mettre dans l’histoire", raconte Mark Swift.

Une scène des "Croods 2"
Une scène des "Croods 2" © Dreamworks
"Avec Mark, on a été complètement soufflé par les animateurs de Dreamworks", renchérit Joel Crawford. "C’est Nate Wragg, notre production designer, qui a eu l’idée de cette araignée-loup. Au début, on a eu peur, on se disait que c’était uniquement une araignée, puis en la regardant attentivement on s’est rendu compte que c’était comme une meute de chiens, qu’elle pouvait aussi être mignonne. L’ambition était de créer des personnages un peu fous, qui reflètent l’histoire et correspondent à ce monde dingue des Croods."

Des résonances contemporaines

L’histoire a également des résonances contemporaines. Signe que les temps ont changé depuis le premier volet, le récit tourne davantage autour de l’émancipation des personnages féminins et met en avant l’amitié féminine, une dimension rarement exploitée dans les films d’animation pour enfants. C’est aussi un film qui apprend à se méfier des apparences: l’oasis caché des Bettermans, où s’installent les Croods, n’est pas forcément un paradis, malgré le confort qu’il apporte:

"Découvrir ce nouveau monde où tout semble parfait, qui semble répondre à toutes les questions qu’on se pose, est une manière de questionner ce qu’on rêve d’avoir", analyse Mark Swift. "Si cette nouvelle famille semble tout avoir, ils n’ont personne avec qui partager. Ils se sont enfermés derrière un mur et leur fille n’a jamais rencontré un autre enfant. Ce n’est pas un monde parfait. Être ensemble et abattre ces murs est peut-être la meilleure manière d’être heureux.”

Ce mur derrière lequel se cachent les Bettermans n’est pas une référence au mur que voulait ériger Donald Trump entre les Etats-Unis et le Mexique, précise Mark Swift: "Au début, on a fait attention pour que ça ne donne justement pas cette impression, mais quand le coronavirus est arrivé, le mur de notre film a complètement changé de sens: nous nous sommes tous retrouvés à vivre derrière des murs, et je crois que je peux parler au nom de tous en disant que personne n’apprécie cette expérience!"

https://twitter.com/J_Lachasse Jérôme Lachasse Journaliste BFMTV