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"Titane", annoncé comme le choc de Cannes 2021, est projeté ce soir sur la Croisette

"Titane" de Julia Ducournau

"Titane" de Julia Ducournau - Diaphana

Ce film sur lequel très peu d'informations ont filtré promet de remuer les tripes des festivaliers au vu du pedigree de sa réalisatrice.

La Croisette s'apprête à vivre son moment choc avec la présentation de Titane, avec l'acteur français Vincent Lindon, un film sur lequel très peu d'informations ont filtré mais qui promet de remuer les tripes des festivaliers au vu du pedigree de sa réalisatrice.

Julia Ducournau, 37 ans, est la benjamine des 24 cinéastes en lice pour la Palme d'Or cette année et Titane, seulement son deuxième film. "Un de mes buts a toujours été d'amener le cinéma de genre ou des films 'ovniesques' dans des festivals généralistes pour arrêter d'ostraciser un pan de la production française", a déclaré Julia Ducournau à l'AFP avant la projection.

Si Cannes s'apprête à trembler, c'est que la réalisatrice a laissé un souvenir mémorable sous les palmiers il y a quatre ans, avec son premier long-métrage, Grave, une histoire brute de décoffrage mais à la réalisation léchée d'étudiante en médecine vétérinaire (Garance Marillier) qui devient cannibale.

Présenté à la semaine de la Critique, une section parallèle du Festival, le film avait marqué le début d'un renouveau du cinéma de genre français, mêlant grand spectacle, gore et oeil d'auteur. Un filon qui a donné lieu à plusieurs films récents, comme La Nuée, et qui est officiellement soutenu par le centre national de la cinématographie (CNC), soucieux d'aider à élargir la palette créative du cinéma français.

La réalisatrice a aussi été adoubée par un maître de l'épouvante, l'Américain Night Shyamalan, qui lui a confié la réalisation de deux épisodes de sa série Servant, et a déclaré ensuite qu'elle avait "tout déchiré".

Assez sage

A Cannes, Julia Ducournau transformera-t-elle l'essai ? Le film promet, selon son synopsis officiel, de se pencher sur "une série de crimes inexpliqués", avec un père, interprété par Vincent Lindon, pour qui le film a été écrit, qui "retrouve son fils disparu depuis dix ans". Le rôle principal a été confiée à une nouvelle venue, l'actrice Agathe Rousselle.

Le film, présenté le même jour que Un héros, de l'Iranien Asghar Farhadi, pourrait en tout cas réveiller une compétition jusqu'à présent assez sage en terme d'hémoglobine. Certaines oeuvres se sont avérées d'esprit rock, comme la comédie musicale Annette de Leos Carax qui a ouvert la compétition, ou La Fièvre de Petrov, du Russe Kirill Serebrennikov, mais ne jouent pas particulièrement sur le "trash".

Le nouveau film de Paul Verhoeven, Benedetta, histoire d'une nonne lesbienne dans l'Italie du Moyen-Age arrivait bien avec un parfum sulfureux. Mais s'il a été plutôt apprécié de la critique, il n'a pas non plus créé d'électrochoc et le réalisateur de Basic Instinct et Elle est plutôt moins dérangeant que dans ses précédents films.

C'est finalement peut-être à l'aune de son compatriote et aîné Gaspard Noé qu'il faudra juger Julia Ducournau sur le "trash-o-mètre" cannois. En 2002, celui qui allait devenir l'enfant terrible du cinéma français, était lui aussi un trentenaire, présentant son deuxième film, Irréversible en Compétition.

Une projection que le Palais des Festivals n'oubliera jamais: une vingtaine de personnes avaient été victimes d'évanouissements ou de crises de nerfs, certaines évacuées et prises en charge médicalement, et plus de 200 spectateurs avaient préféré quitter la salle avant la fin. Deux décennies plus tard, Gaspard Noé est lui aussi de retour à Cannes, dans la section Cannes Première, avec un film, sur la décrépitude d'un couple âgé.

https://twitter.com/J_Lachasse Jérôme Lachasse Journaliste BFMTV