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Paris au cinéma - Quand la science-fiction réinvente la Ville Lumière

Avril et le monde truqué

Avril et le monde truqué - Studio Canal

PARIS AU CINEMA - BFMTV.com vous invite chaque semaine à découvrir comment le 7e Art a représenté la Ville Lumière.

Peu de films représentent Paris dans le futur. Le cinéma français, qui produit peu de longs-métrages de science-fiction, ne s'y est risqué qu'à de rares occasions. En 1965, Jean-Luc Godard tourne Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution. Pour imaginer le Paris du futur de cette fiction d'anticipation, le cinéaste helvète se rend à la Maison de la Radio et à La Défense, où vient d'être construit le siège social de la société Esso. Filmer les immeubles pour figurer l'avenir: une idée pratique et peu coûteuse qui impressionnera les cinéastes de l'époque et inspirera de nombreux films des années 1960 et 1970, dont La Conquête de la planète des singes (1972).

Mais ce n'est un scoop pour personne: la science-fiction coûte cher. Imaginer le futur nécessite des moyens hors normes et peu de cinéastes peuvent se le permettre. Dans les années 1990, Cédric Klapisch a tenté de relever ce défi avec Peut-être (1999). Portée par Jean-Paul Belmondo et Romain Duris, cette comédie futuriste imagine le Paris de 2070.

Peut-être de Cédric Klapisch
Peut-être de Cédric Klapisch © Warner Bros Pictures

Les gigantesques décors de Paris ensablé n'ont (évidemment) pas été tournés dans la capitale, mais dans le désert tunisien, à Douz. Le chef décorateur Taïeb Jallouli, qui a travaillé sur Star Wars, a ainsi dû reconstruire pour les besoins du film les derniers étages d'immeubles haussmanniens. Tout n'a pas été fabriqué de toutes pièces en revanche. Comme pour Le Retour du Jedi, les équipes de Peut-être ont utilisé la technique du matte painting, des peintures sur verre permettant de figurer des décors.

Peut-être de Cédric Klapisch
Peut-être de Cédric Klapisch © Warner Bros Pictures

Moins onéreux, mais plus chronophage: le cinéma d'animation. Dans Avril et le monde truqué, le dessinateur Tardi a imaginé un XXème siècle alternatif où la France est restée figée dans l'époque pré-industrielle. La science-fiction ne concerne pas uniquement le futur, mais aussi les versions alternatives de notre monde. Avril et le monde truqué s'inscrit dans deux courants dérivés de la science-fiction: l'uchronie et le steampunk.

L'action se déroule en 1941. La France n'est pas pétainiste, mais bonapartiste: un certain Napoléon V est à la tête du pays. Preuve que le spectateur est bien dans une fiction d'anticipation, les points communs entre l'actualité et ce monde sont nombreux. Le Paris d'Avril et le monde truqué est gris, triste, pollué. C'est un monde figé, mort. Les Parisiens portent des masques à gaz. Mais il y a deux tours Eiffel.

Avril et le monde truqué
Avril et le monde truqué © Studio Canal
Jérôme Lachasse