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Parasite: parc d'attractions, statue, BD... la Corée du Sud en pleine "Bong Joon-ho mania"

Depuis le triomphe aux Oscars de Parasite, les hommages à Bong Joon-ho se multiplient en Corée du sud.

Thriller et satire corrosive sur les inégalités sociales, Parasite de Bong Joon-ho est entré dans légende du 7e Art en devenant le premier film coréen jamais primé aux Oscars (meilleurs film, film international, réalisateur, scénario original). Un événement qui coïncide avec le centième anniversaire du cinéma coréen.

En Corée du Sud, où chaque film de Bong Joon-ho est un événement, les hommages se multiplient. Une biographie illustrée (pour les enfants) racontant la vie du cinéaste doit sortir dans les prochaines semaines. Ils y découvriront le parcours de ce cinéaste dont les films, de Memories of Murder à Parasite, reflètent les évolutions de la société sud-coréenne et ses non-dits. 

Les décors utilisés pour l'appartement des Ki-taek et l'inondation de Parasite sera restaurés pour être ensuite exposés dans un parc d'attractions, inauguré en 2026 au Goyang Aqua Studio, situé au nord de Séoul, a annoncé l'agence de presse coréenne Yonhap. Plusieurs autres décors de blockbusters sud-coréens tournés dans ce studio seront exposés dans ce complexe qui fera 246.000 m2 et coûtera 127 millions de dollars. 

Bientôt un musée et une statue?

La classe politique coréenne s'est aussi prise de passion pour le réalisateur multi-oscarisé. Selon The New York Times, plusieurs personnalités conservatrices de la ville de Daegu, dont est originaire Bong Joon-ho, militent pour la construction d'un musée célébrant l'œuvre du cinéaste et d'une statue en son honneur. Bong est né à Daegu en 1969 et y a vécu jusqu'à ses trois ans avant de déménager avec sa famille à Séoul.

La décision des conservateurs de rendre hommage à Bong est surprenante: ils ont toujours été très critiques envers ses films. Les anciens présidents Lee Myung-bak et Park Geun-hye avaient notamment taxé Memories of Murder et The Host d'anti-américanisme. Ces thrillers satiriques avaient aussi été accusée de mettre en scène "l'incompétence gouvernementale". Et Parasite avait été jugé comme "un film communiste" par les conservateurs. Le public, lui, ne s'y est jamais trompé en réservant un triomphe à chaque réalisation de Bong Joon-ho depuis le début des années 2000.

Jérôme Lachasse