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"Only God Forgives" cause une polémique entre Royal et Filippetti

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, et la présidente de la Région Poitou-Charentes, Ségolène Royal.

La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, et la présidente de la Région Poitou-Charentes, Ségolène Royal. - -

Dimanche soir, Ségolène Royal a accusé la ministre de la Culture d'avoir cédé à la pression du distributeur du film pour lui faire enlever la classification "interdit aux moins de 16 ans". Ce dont Aurélie Filippetti s'est défendue par communiqué.

Only God Forgives, le nouveau film du réalisateur de Drive avec Ryan Gosling, a été à l'origine d'une passe d'armes entre deux responsables PS. Dimanche, Ségolène Royal a mis en cause la ministre de la Culture Aurélie Filippetti au sujet de la déclassification du film, initialement interdit aux moins de 16 ans. Ce dont la ministre s'est défendue.

Sur France 5 dimanche, la présidente de Poitou-Charentes, ancienne ministre de la Famille, a accusé Aurélie Filippetti d'avoir "fait déclasser un film ultraviolent (...) sous la pression des producteurs". Elle faisait allusion à des informations du Parisien dimanche, qui indiquaient que la ministre était intervenue dans la déclassification du film.

La ministre demande un second visionnage

Only God Forgives, qui relate une vengeance à Bangkok avec force hémoglobine, cris de douleurs et scènes de torture, avait de prime abord été classé "interdit aux moins de 16 ans" par la Commission de classification des oeuvres cinématographiques.

Mais, fait rarissime, la ministre avait demandé un second visionnage à la suite d'un recours déposé par le distributeur du film. La commission a alors de nouveau visionné l'oeuvre et est revenue sur son premier avis: le film est sorti la dernière semaine de mai avec une interdiction aux moins de 12 ans.

"Polluer les jeunes avec des scènes violentes"

"Si les producteurs veulent des films toutes familles, qu'ils fassent des films visibles par toutes les familles", a continué Ségolène Royal, qui a envisagé au cours de la même émission son retour au gouvernement. "On ne peut pas à la fois faire les bénéfices liés à des films familiaux et en même temps polluer les jeunes avec des scènes d'extrême violence".

A la suite de cette mise en cause directe, Aurélie Filippetti s'est donc défendue par communiqué. "La ministre n'est aucunement intervenue pour faire changer le visa", a indiqué le ministère. Elle "a suivi l'avis de l'assemblée plénière de la Commission, qui comprend 28 membres, comme on pourra relever qu'elle l'a systématiquement fait pour l'ensemble des avis rendus jusqu'ici depuis sa prise de fonction."

M. T. avec AFP