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Last Flag Flying: trio de stars pour un road movie entre rires et larmes

Bryan Cranston, Steve Carell et Laurence Fishburne dans "Last Flag Flying", en salles le 17 janvier 2018

Bryan Cranston, Steve Carell et Laurence Fishburne dans "Last Flag Flying", en salles le 17 janvier 2018 - Metropolitan FilmExport

Porté par Bryan Cranston, Steve Carell et Laurence Fishburne, le nouveau film de Richard Linklater sort sur les écrans ce mercredi 17 janvier.

Avec le réussi Last Flag Flying, porté par l'impeccable trio Bryan Cranston, Steve Carell, Laurence Fishburne, tous aussi drôles que touchants, le prolifique et régulier réalisateur Richard Linklater (vingt longs métrages réalisés en vingt ans) poursuit son étude de caractère dans l'Amérique moyenne, sans ennuyer un seul instant.

C'est dans le registre de la comédie dramatique que le cinéaste parvient à creuser le sillon d'un cinéma qui lui est propre, à la fois réaliste, doux-amer et attachant, basé sur les rapports entre les personnages. C'est ainsi qu'il se révéla en 1993 par Génération rebelle (avec le jeune Matthew McConaughey) et qu'il a été salué en 2014 pour Boyhood, après avoir filmé sur 12 ans le passage de l'enfance à l'âge adulte de son personnage principal Le temps qui passe est également un des thèmes de Last Flag Flying, mais la question du deuil, de la mémoire, de la camaraderie sont également au centre de la caméra humaniste de Linklater. 

Tragique, mais jamais pathos

L'histoire se situe en 2003. Larry Shepherd (Steve Carell), ancien médecin de la Navy renoue contact avec deux autres vétérans du Vietnam: Sal Nealon (Bryan Cranston) qui tient un bar et Richard Mueller (Laurence Fishburne) devenu pasteur. Les trois hommes ne se sont pas vus depuis trente ans, mais Larry leur demande de l'accompagner aux funérailles de son fils, mort au combat en Irak et dont le corps vient d'être rapatrié. Sur la route, le trio va voir les souvenirs remonter à la surface et les liens de leur amitié vont peu à peu se resserrer.

Malgré le postulat de départ tragique, le film ne verse jamais dans le pathos. Toute sa réussite tient au juste équilibre trouvé par Richard Linklater et ses comédiens pour faire passer du rire aux larmes, tout en posant en creux quelques réflexions sur la notion d'engagement, de foi sous toutes leurs formes, sur les mensonges de toute sorte, dont ceux qu'on s'inflige.

Toutes ces subtilités, Steve Carell, figure incontournable de la comédie US (The Office, 40 ans toujours puceau), capable d'exceller dans des rôles sombres (Foxcatcher), les porte en lui avec ces petits riens dans le jeu qui font de grands moments à l'écran. A ses côtés, Bryan Cranston, star de la série Breaking Bad, montre l'étendue de son talent comique.

Le "Nouvel Hollywood"

Formellement, Last Flag Flying ne colle pas à son époque, il a une image et un rythme qui ramènent au "Nouvel Hollywood" des années 70. On pense notamment au film d'Al Ashby La dernière corvée avec Jack Nicholson, adapté d'un roman de Darryl Ponicsan (The Last Detail). Or, Last Flag Flying est l'adaptation de la suite éponyme écrite par ce même auteur. Mais la version de Linklater s'éloigne du livre et ne fait que cousiner La dernière corvée.

Le scénario n'est d'ailleurs généralement pas la priorité du cinéaste qui expliquait récemment en public: "Le réalisateur que je suis vire rapidement le scénariste que je suis. Il faut être ouvert à tous les aspects de la réalité susceptibles de rattraper vos histoires. Si vous tendez vers quelque chose qui sonne vrai, il vaut mieux savoir ouvrir sa voie. Faire dire à l'écran les mots exacts que vous avez écrits deux ans plus tôt peut parfois vous priver de vos meilleurs atouts".

F.M. avec AFP