BFMTV

L'homme qui tua Don Quichotte à Cannes: le Festival dénonce les agissements du producteur Branco

Adam Driver dans le film "L'homme qui tua Don Quichotte"

Adam Driver dans le film "L'homme qui tua Don Quichotte" - Capture d'écran

Le producteur portugais et sa société de production ont demandé à la justice d'interdire la projection à Cannes de ce long-métrage "maudit", qui doit sortir en salles le même jour.

Le Festival de Cannes a dénoncé ce lundi les "agissements" du producteur Paulo Branco. Celui-ci veut interdire, le 19 mai, la projection de L'homme qui tua Don Quichotte du Britannique Terry Gilliam, prévu en clôture de la 71e édition.

A une semaine de l'examen en référé à Paris du contentieux entre le Festival et le producteur portugais, la direction de la manifestation "respectera la décision de justice", mais "se tient du côté des cinéastes et en l'espèce du côté de Terry Gilliam, dont on sait l'importance qu'a pour lui un projet qui a connu tant de vicissitudes".

"Rien ne s'opposait à la projection"

Le producteur portugais et sa société de production Alfama ont demandé mercredi à la justice d'interdire la projection à Cannes de ce long-métrage, qui doit sortir en salles le même jour, selon le Festival. La requête sera examinée en référé le 7 mai, la veille de l'ouverture du grand rendez-vous du 7e art.

"Nous étions prévenus des recours possibles et des risques encourus, mais en l'occurrence, lorsque notre décision a été prise, rien ne s'opposait à la projection du film au Festival", rappellent les organisateurs dans un communiqué où ils s'en prennent à Branco, qui "laisse son avocat procéder à des intimidations ainsi qu'à des affirmations diffamatoires aussi dérisoires que grotesques".

Défendant leur position, Pierre Lescure et Thierry Frémaux, président et délégué général du Festival, estiment que "la défaite serait de céder à la menace".

"Les artistes ont besoin qu'on les soutienne, pas qu'on les attaque. Cela a toujours été la tradition du Festival de Cannes, et cela le restera", insistent-ils, dans un contexte où deux cinéastes invités en Sélection officielle sont assignés à résidence (le Russe Kirill Serebrennikov et l'Iranien Jafar Panahi) et où un film kenyan est censuré dans son pays. 

Un film "maudit"

Les droits de L'homme qui tua Don Quichotte font l'objet d'un contentieux entre l'ex-Monty Python Terry Gilliam et le producteur portugais qui lui a acheté en avril 2016 ses droits d'auteur-réalisateur via Alfama Films. Un volet de l'affaire a été examiné en appel à Paris début avril. La décision est attendue le 15 juin. En première instance, en mai 2017, la justice française s'était prononcée en faveur de M. Branco, tout en rejetant la demande du producteur de stopper le tournage en cours.

Ces épisodes viennent prolonger la "malédiction" qui frappe depuis 18 ans L'homme qui tua Don Quichotte. En 2000, Terry Gilliam avait dû abandonner le tournage en raison notamment des problèmes de dos de l'acteur Jean Rochefort et de pluies diluviennes. Ce fiasco a fait l'objet d'un documentaire, Lost in La Mancha, en 2002. 

N.B. avec AFP