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Jodie Foster la francophile, à Cannes: "C'est quelque chose de revenir ici"

Jodie Foster est à Cannes où elle a reçu mardi, une Palme d'or d'honneur couronnant sa riche carrière. La plus francophile des actrices américaines raconte à BFMTV ses souvenirs du festival.

"C'est le top, quand même, parce que c'est la France". Jodie Foster, récompensée mardi soir d'une Palme d'or d'honneur à Cannes, n'a pas caché son plaisir, ce mercredi sur BFMTV. "Pour moi revenir en France, là où a vraiment débuté ma carrière, avec Taxi Driver, en 1976... C'est quelque chose de revenir ici, c'est émouvant".

La comédienne a rappelé, dans un français parfait, qu'elle avait fréquenté une école française, poussée par sa mère.

"C'est parce qu'elle rêvait de tout ce qui était européen. Elle n'avait jamais quitté les Etats-Unis avant l'âge de 50 ans et quelques. La première fois qu'elle a quitté les Etats-Unis, elle est allée en France et elle a dit 'c'est magnifique, il va falloir que tu parles français, et tu vas venir vivre ici. Et ça s'est passé comme ça. Elle adorait Cannes, aussi."

"Tout le monde disait que le film était trop violent"

Jodie Foster, couverte de récompenses, elle a deux Oscars, trois Golden Globes, trois Baftas, ajoute avec humour qu'il lui en manque une...

"J'ai pas de César! Et puis le César, c'est joli aussi, en tant que trophée, c'est très joli".

Évoquant le film Taxi Driver, qui l'a révélée au public français, et qui a été récompensé d'une Palme d'or en 1976, elle rappelle que ce fut une année riche pour elle.

"J'avais 13 ans. On a eu la Palme d'or, après que je suis partie. Mais j'avais aussi d'autres films ici, j'avais La petite fille au bout du chemin, Bugsy Malone, The Last Castle [ndlr: Echoes of Summer], alors c'était une grande année pour moi. Il y avait Scorsese, il y avait Harvey Keitel, Robert de Niro, ils étaient tous à l'hôtel du Cap. Ils ne voulaient pas en sortir. Ils avaient peur parce que tout le monde disait que le film était trop violent, il y a eu des critiques, alors ils ne voulaient pas parler aux gens. Moi qui parlais français, j'arrivais à parler pour eux."

En 2001, l'actrice a dû renoncer à présider le jury du Festival, pour tourner Panic Room, de David Fincher. "J'avais dit oui, et une semaine après, il fallait que je fasse ce film, parce que Nicole Kidman a eu un accident. J'ai eu des remords de l'avoir fait, alors je reviens toujours pour m'excuser. Mais je trouve que c'est difficile, le rôle de président du jury. Il faut faire plein de photos, être bien habillé. La partie 'regarder des films', ça c'est bien, mais la partie 's'habiller tout le temps', non. Quand vous ferez le jury en jogging, j'y serai!".

Magali Rangin