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Des affiches anti-Polanski collées sur la façade de l'Académie des César à Paris

Roman Polanski en mai 2017 à Cannes -

Roman Polanski en mai 2017 à Cannes - - Valery Hache - AFP

A quelques jours des César, un collectif dénonce l’impunité de Polanski et l’omerta dans le monde du cinéma. Une manifestation aura aussi lieu vendredi soir avant la cérémonie.

Des César sous tension. A quelques jours de la 45e cérémonie, le collectif des Collages féminicides a placardé sur la façade de l'Académie des César et de la salle Pleyel des affiches dénonçant le réalisateur Roman Polanski, accusé à de multiples reprises de viols sur mineures. 

"Cette nuit, les héroïnes ont œuvré pour dénoncer l’impunité de Polanski et l’omerta dans le monde du cinéma. Collage sur le siège de l’académie et devant salle Pleyel. On demande l’annulation de la cérémonie", a écrit le collectif sur son compte Twitter.

Arrivé en tête du premier tour de vote avec le film de Ladj Ly sur les banlieues Les Misérables (grand favori avec 12 nominations aussi, en incluant celle du prix du public), J'accuse, le thriller historique de Roman Polanski sur l'Affaire Dreyfus, sera sur le devant de la scène pour les récompenses annuelles du cinéma français. 

Il côtoie aussi aux sommets La Belle époque de Nicolas Bedos (onze nominations) et Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma (dix).

Un happening en parallèle des César

Indignées par les nominations du film de Polanski, plusieurs associations féministes ont appelé à un rassemblement vendredi à 18 heures devant la salle Pleyel, où se tiendra la cérémonie à partir de 21 heures.

Elles n'acceptent plus, tout comme une partie de l'opinion publique, que le cinéaste franco-polonais reçoive des honneurs, alors qu'il est visé depuis novembre par une nouvelle accusation de viol et toujours poursuivi par la justice américaine dans le cadre d'une procédure pour détournement de mineure lancée en 1977.

Le collectif féministe #NousToutes a annoncé notamment qu'il organiserait un happening au cours duquel il décernerait à des cinéastes "d'autres prix - moins glorieux -, afin que le rideau se lève sur la protection que leur accorde le monde des arts et du cinéma".

Jérôme Lachasse avec AFP