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Comment Lambert Wilson est devenu le commandant Cousteau

Lambert Wilson dans "L'Odyssée" de Jérôme Salle

Lambert Wilson dans "L'Odyssée" de Jérôme Salle - Coco Van Oppens

Par l'intermédiaire de l'acteur Lambert Wilson, le commandant Cousteau voit sa vie transposée sur grand écran dans L'Odyssée, qui sort sur les écrans ce mercredi 12 octobre. Retour sur la métamorphose du comédien pour interpréter le célèbre océanographe.

Il ne lui aura pas suffi d'enfiler des palmes et de mettre un bonnet rouge pour "entrer" dans son personnage. Dans L'Odyssée de Jérôme Salle, biopic sur la vie de Jacques-Yves Cousteau, Lambert Wilson remporte le pari d'incarner avec conviction le célèbre commandant à l'écran. Celui qui immortalisa l'abbé Pierre au cinéma dans Hiver 54 s'attaque ici à une autre figure emblématique très appréciée des Français.

Face à Pierre Niney et Audrey Tautou, le comédien de 58 ans réussit sa plongée dans la vie du commandant Cousteau en le faisant revivre, sans tomber dans l'imitation. Un travail de longue haleine pour un acteur qui voulait par-dessus tout trouver la "véracité" et la "sincérité" de l'homme.

Un régime draconien

Il ne fut pas le premier choix du réalisateur Jérôme Salle, qui avait d'abord pensé à Romain Duris et Adrien Brody pour incarner un jeune commandant Cousteau, mais à l'image, Lambert Wilson est pourtant troublant de vérité. Mais pour se glisser dans la peau de l'explorateur, l'acteur a dû s'astreindre à un régime draconien. "J'ai perdu 10 kilos sur les 20 demandés par le réalisateur, Jérôme Salle, qui passait son temps à surveiller mon assiette", confie-t-il dans Télé 7 jours.

Pour ressembler physiquement au très mince commandant Cousteau, le comédien, sportif régulier, a été contraint de modifier son entraînement pour apparaître à l'écran "plus mince que musclé". "Lambert a eu faim constamment, mais c’est à ce prix qu’il est devenu Cousteau. J’ajoute qu’au départ, il n’a pas du tout la morphologie de son modèle: c’est sa maigreur, cette sécheresse du corps qui crée l’illusion", explique Jérôme Salle.

Lambert Wilson incarne le commandant Jean-Yves Cousteau dans le film "L'Odyssée" de Jérôme Salle
Lambert Wilson incarne le commandant Jean-Yves Cousteau dans le film "L'Odyssée" de Jérôme Salle © Coco Van Oppens

Cours de plongée et infection à l'oeil

Pour ce film à gros budget (20 millions d'euros) tourné pendant cinq mois entre l'Afrique du Sud, l'Antarctique, la Croatie et les Bahamas, Lambert Wilson a également dû prendre des cours de plongée, à l'instar de Pierre Niney qui incarne le fils du commandant Cousteau. A Allociné, le comédien confie sur ce sujet sa fierté: "La plongée implique une visite médicale extrêmement poussée avec radio des poumons, encéphalogramme, électrocardiogramme, examen des yeux et des oreilles, etc… Il y a enfin une épreuve de plongée de 4 jours, qui est par exemple réservée aux futurs employés des plateformes pétrolières. Ça, c’est un diplôme dont je suis très fier…"

"Le souci, c’est que notre première leçon avec Pierre Niney s’est déroulée dans le port industriel de Marseille dans une eau d’une épouvantable saleté, se souvient également Lambert Wilson. Nous ne pouvions pas voir notre professeur à un mètre, pataugeant dans la boue, la vase et l’huile... Il fallait en plus faire des exercices où nous devions retirer nos masques sous l’eau. J’ai immédiatement attrapé une infection à l’oeil. Atroce! Heureusement, les jours suivants, nous sommes partis dans les îles alentours et là nous avons commencé à prendre un peu de plaisir."

Un homme complexe

Pour entrer dans la peau de l'explorateur dans ce biopic qui retrace les explorations de l'océonagraphe et ses relations avec ses proches, Lambert Wilson a également dû modifier une donnée importante: l'image d'Epinal qu'il se faisait du commandant au bonnet rouge. En se plongeant dans la vie professionnelle et intime de Cousteau, le comédien a trouvé des similarités avec sa propre existence qui lui ont permis de mieux le comprendre.

"Avec L'Odyssée tout a changé: j'ai découvert un homme complexe, un grand charmeur, qui opérait une séduction active sur les femmes comme sur les hommes", confie Lambert Wilson dans La Nouvelle République. "Comme Philippe Cousteau, j'ai été le fils d'un personnage célèbre égocentrique, charismatique, dur, critique, supportant mal les remises en cause et qu'on empiète sur son territoire. Au moment de commencer à réfléchir à mon personnage, j'avais déjà beaucoup de compréhension et de tendresse pour lui parce que j'avais l'impression d'avoir déjà pratiqué. J'étais dans la sympathie, pas dans le jugement".