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Prime de 2000 euros, CAP: le plan de la région pour remédier à la pénurie de chauffeurs en Île-de-France

La RATP est sommée de trouver des solutions pour pallier le manque de conducteurs de bus car il en manquerait entre 700 et 800. Valérie Pécresse a d'ores et déjà pris les devants en présentant ce mardi une batterie de mesures censées améliorer la situation.

L'ouverture d'un CAP et une prime de 2000 euros: voilà deux des pistes évoquées par la présidente de la région Ile-de-France ce mardi, pour répondre à la pénurie des chauffeurs de bus, qui a de fortes conséquences pour les usagers.

Depuis le début de l'été, pour de nombreux Franciliens, le temps d'attente s'est fortement allongé aux arrêts de bus. En zone centrale, "on est passé à 26% d'offres non réalisées", dont 17% d'absentéisme du côté de la RATP, souligne Valérie Pécresse, présidente d'Ile-de-France Mobilités (IDFM).

"Ce sont des situations liées à des bassins d'emplois et non l'ouverture à la concurrence" car "on voit des réseaux de bus qui fonctionnent normalement, y compris dans ceux déjà ouverts à la concurrence", explique-t-elle.

Une prime de 2000 euros pour les jeunes conducteurs

Pour remédier à cette situation, la présidente d'IDFM a annoncé plusieurs mesures importantes. L’accent est d’abord mis sur la formation, avec une prime de 2000 euros octroyée aux personnes qui se formeront au métier de conducteur.

Également, via la création d’un CAP de conducteurs de bus en Ile-de-France. Car si la loi autorise désormais à devenir chauffeur de bus dès l’âge de 18 ans, encore faut-il former les candidats.

"Nous allons ouvrir un CAP conducteur transport routier/voyageur dans un lycée professionnel, dès la rentrée de septembre (...) on veut maintenir un niveau de qualification exigeant", assure cette dernière.

Pour convaincre, la RATP préfère insister sur les avantages offerts par une carrière au sein de l’entreprise. "C'est près de 26.000 euros bruts par an pour un jeune qui démarre. C'est un groupe qui offre des grandes perspectives de carrière et de diversité de métiers", énonce Jean-Yves Leclercq, directeur financier du groupe RATP.

Attirer les jeunes, mais aussi faire revenir les anciens. Valérie Pécresse veut demander aux retraités de reprendre du service.

Valérie Pécresse sollicite le gouvernement

Parmi les autres mesures présentées, la présidente d’Ile-de-France Mobilités souhaite contribuer à la construction de logements sociaux à destination des conducteurs, mais aussi demander à l’État de réduire les délais d’obtention des permis de conduire bus et la reconnaissance du diplôme de conducteur de bus.

Elle demande par ailleurs au gouvernement d'être vigilant sur "les faux arrêts maladie", car "il y a un vrai trafic qui s'organise en Ile-de-France", juge Valérie Pécresse. Selon ses mots, la RATP a compté des centaines de faux arrêts maladie et est en processus de licenciement avec 150 agents.

Une formation de conducteur de bus durant trois mois, Valérie Pécresse espère un retour à une situation normale d’ici janvier 2023.

Mathilde Ibanez et Alicia Foricher