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Paris: dans le 19e, les riverains de Rosa Parks excédés par les toxicomanes

Depuis quelques mois, les consommateurs de crack se sont installés en nombre dans le tunnel de Rosa Parks. Depuis, les habitants dénoncent une insécurité grandissante dans le quartier.

Un homme sous l'emprise de drogues qui s'approche à quelques mètres seulement d'une aire de jeux pour enfants: c'est une scène à laquelle assistent de plus en plus régulièrement les riverains du quartier Rosa Parks, dans le nord du 19e arrondissement de Paris.

Depuis le mois de janvier, des dizaines de toxicomanes se sont installés dans un tunnel menant à la gare SNCF, où seringues et garrots ensanglantés jonchent le sol. De quoi inquiéter les habitants du quartier, qui dénoncent l'insécurité grandissante à Rosa Parks.

"On ne peut même plus manger tranquillement au restaurant, on se fait voler nos couteaux en plein repas", assure Cheherazade, administratrice du collectif des riverains ONJM Rosa Parks (NDLR, ONJM pour "On n'est jamais mieux servi que par soi-même), qui entend sensibiliser contre le trafic de drogue, notamment de crack, dans la zone.

"On est en panique, même de descendre nos poubelles"

Selon ce collectif, il y aurait près de 400 personnes sous le tunnel de Rosa Parks. Mais à en croire les riverains, le problème se déplace même directement chez eux puisque certains toxicomanes n'hésitent pas à s'introduire directement dans les immeubles.

"Ils vivent dans notre local à poubelles, voilà les déchets, des matières fécales, qu'ils nous font...", déplore Cheherazade, en montrant sur son téléphone des photographies de sa cage d'escalier salie par de nombreux déchets laissés par des consommateurs de crack.

L'administratice d'ONJM Rosa Parks, qui se dit surtout inquiète pour ses proches, explique que "dans l'immeuble, on est tous en panique, même de descendre nos poubelles."

"On ne sait plus quoi faire"

Parmi les riverains qui se disent dépassés, nombreux sont ceux qui songent aujourd'hui à déménager si aucune action politique n'est entreprise pour débloquer la situation à Rosa Parks.

"On ne sait plus quoi faire", déplore Rama, une mère de famille et habitante du quartier. À plusieurs reprises, on a interpellé la mairie, le commissariat. Et rien n'est fait."

De son côté, Cheherazade craint ce qui arrivera si rien n'est mis en place pour déloger les toxicomanes du tunnel où ils se sont installés. "Les habitants sont vraiment en rogne et commencent à essayer de se défendre tout seuls. On va pas s'en sortir", déclare-t-elle.

"Nous réclamons des effectifs de police"

De son côté, la mairie du 19e assure être mobilisée, mais souhaite une prise en charge nationale pour éviter que le problème du crack ne se déplace une fois de plus dans le nord parisien, notamment sur la place Stalingrad, haut-lieu du trafic de drogue.

"Nous avons alerté à maintes reprises le préfet de police et le ministre de l'Intérieur, explique Roger Madec, conseiller auprès du maire du 19e charge de l'aménagement urbain. Nous réclamons des effectifs de police en nombre pour ramener la situation à un niveau acceptable.

La mairie du 19ème arrondissement a indiqué qu’une évacuation du camp de toxicomanes de Rosa Parks était prévue d’ici une dizaine de jours.

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions