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Mer de déchets dans les Yvelines: 900 tonnes d'amiante découvertes

Près de deux tiers des déchets de la plus grande décharge sauvage d'Île-de-France ont été collectés et triés depuis janvier. Mais les équipes ont retrouvés près de 900 tonnes d'amiante.

À Carrières-sous-Poissy, le paysage a bien changé. Depuis janvier, près des deux tiers des déchets entreposés dans la plus grande décharge sauvage d'Île-de-France ont été enlevés, avant de nouveaux travaux en août.

"Ici, il y avait un mètre cinquante" de déchets, se souvient Alban Bernard, le président du collectif "Déchargeons la plaine" au micro de BFM Paris. "J'avais des déchets parfois jusque-là", montre-t-il en désignant sa poitrine.

900 tonnes d'amiante

Il y a encore quelques mois près de 26.000 tonnes de déchets étaient entreposés dans cette décharge sauvage. "Quand on veut, on peut, c'est faisable (...) Le résultat, il est là", se réjouit aujourd'hui le militant, alors que la première phase de nettoiement doit se terminer à la fin de l'été.

Toutefois, le chantier fait désormais face à un problème de taille. Les équipes chargées de collecter et trier les déchets ont repéré la présence de 900 tonnes d'amiante sur le site. Le traitement de ces déchets pourrait ralentir les opérations, alors que des spécialistes ont été appelés en renfort pour pouvoir les enfouir dans des espaces dédiés.

Éviter le report dans d'autres communes

Par ailleurs, des voix s'élèvent aussi contre le coût du chantier - estimé à 1,5 million d'euros - supporté par la collectivité.

"C'est ça le problème. C'est l'argent public qui sert à évacuer ces monticules de déchets alors qu'on sait pertinemment quelles sont les entreprises responsables de ce désastre environnemental", déplore Anthony Effroy, président de l'association "Rives de Seine Nature Environnement".

"Il aurait été préférable que ce soit ces entreprises qui soient sollicitées, d'autant qu'elles ont des chiffres d'affaire conséquents qui leur auraient permis le nettoiement de la zone", poursuit le responsable de l'association.

De son côté, la région affirme mettre tous les moyens en place pour identifer les pollueurs et éviter le report de cette décharge sauvage dans d'autres communes. "On a investi des centaines de milliers d'euros en blocage d'accès à des chemins forestiers, en pièges photographies pour essayer de lutter contre. mais c'est un travail colossal", admet Jean-Philippe Dugoin-Clément, vice-président de la région Île-de-France en charge de l'Écologie.

Par Élodie Messager avec Benjamin Rieth