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Une mer de déchets à 30 kilomètres de Paris

Aux portes de la capitale, des tonnes de déchets s'accumulent sur une plaine de plusieurs hectares dans les Yvelines. Les riverains n'en peuvent plus et en appellent à l'Etat pour nettoyer et dépolluer le site.

Filmées depuis un drone, les images sont impressionnantes. A perte de vue des déchets s'entassent formant une véritable mer de gravats et d'objets abandonnés.

"Sur la plus grosse des décharges à ciel ouvert de la plaine, on trouve absolument de tout, il y a du verre, des pots de peinture, des baignoires...", énumère Alban Bernard, un riverain de cette décharge en plein air.

Sur cette plaine de 300 hectares située à sur trois communes des Yvelines, Carrières-sous-Poissy, Triel-sur-Seine et Chanteloup-les-Vignes 25 hectares seraient envahis par ces montagnes de déchets qui s'accumulent depuis plusieurs années. Lassé, Alban Bernard a décidé de lancer un site internet baptisé "Déchargons la plaine" et une page Facebook sur lesquels il poste régulièrement des vidéos ou des photos de la décharge pour alerter sur la situation.

"On a des problèmes de risques sanitaires, on a des habitations qui sont à 300 mètres d'ici. C'est inadmissible d'en arriver là aujourd'hui et il faut absolument qu'on prenne tout ça et qu'on aille le mettre dans des endroits spécifiques pour les retraiter et qu'on dépollue cette plaine", s'agace ce riverain. 

Comment en est-on arrivé là? 

Selon les autorités, la majorité des déchets de la plaine proviennent de camps de Roms installés là pendant plusieurs années, avant d'être démantelés l'année dernière. Par moments, jusqu'à 20 camions par jour déchargeaient du matériel ou des déchets sur ces terrains. Bruno, riverain de la plaine a observé et filmé ce va-et-vient.

"J'avais caché une caméra qui a tourné pendant 24 heures et il y a eu 20 camionnettes en 24 heures qui viennent décharger jusqu'à 10h30 du soir, c'était cet été", explique-t-il.

"Moi je venais ici le dimanche quand j'étais tout petit avec mes parents, ma famille, on se promenant et maintenant on ne peut plus", poursuit, dépité, ce riverain. 

Une pétition, signée par un peu plus de 1.000 personnes a été mise en ligne pour demander à l'Etat de sauver cette plaine. Les pétitionnaires demandent une remise en état du site.

Un nettoyage estimé à 1 million d'euros

Pour la mairie de Carrières-sous-Poissy, la situation est en train d'évoluer depuis le démantèlement du camps de Roms et la fin du dépôt sauvage de déchets. Mais la municipalité ne veut pas assumer seule le coût du déblaiement de la zone, estimé à 1 million d'euros.

"Il faut un tour de table parce que les déchets ne sont pas des déchets uniquement de Carrières-sous-Poissy, ils viennent de petite couronne ou de grande couronne, donc il faut élargir l'assiette de financement pour résoudre ce problème-là. L'échelle régionale suggérée par Valérie Pécresse est une bonne échelle", estime Christophe Delrieu, maire de Carrières-sous-Poissy. 

Les riverains de la plaine de Carrières-sous-Poiussy ont prévu de se mobiliser le 31 mars sur les lieux de la décharge. 

C. B avec Jeanne Daudet